Support Your Local Coop

Chez nous, on aime bouffer bio, bien sûr. Et en Californie du Nord, presque tous les produits sont disponibles avec le label organic de l’USDA, souvent à des prix abordables.

Mais surtout, nous privilégions le local, plus encore que le bio. J’aimerais cette année que 75% de notre consommation domestique de fruits, légumes et noix soit constituée de produits récoltés dans un rayon de 150 kilomètres. Nous sommes déjà depuis plus d’un an membre de la coopérative alimentaire d’Ukiah, un magasin d’alimentation générale qui distribue de nombreux produits régionaux, des fruits et légumes aux bières des microbrasseries locales. L’été et le printemps, il y a le petit marché hebdomadaire au domaine Steele, à Lakeport. Et pendant toute l’année, nous nous approvisionnons souvent aux stands des fermiers locaux, souvent dressés là sans surveillance, produits et caisse confiés à l’honnêteté des clients locaux.

Depuis quelques mois, les fermiers bio du comté de Lake se sont enfin rassemblés en une coopérative locale, sur le modèle de milliers d’associations existantes à travers les États-Unis. Plus exactement, il s’agit d’une CSACommunity Supported Agriculture. Pour en trouver une dans votre région, LocalHarvest a une base de données très exhaustive.

Colis
Le contenu des colis Purist et Fruit N’ Veggie de la coopérative CSA du comté. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Le concept remonte aux années 60, et il est d’inspiration européenne. En France, l’équivalent est l’AMAP, ou Association pour le maintien d’une agriculture paysanne.

Deux modèles de CSA existent : l’un est basé sur l’abonnement, l’autre sur l’actionnariat. Le principe est simple et reste grosso modo le même dans les deux cas : les agriculteurs et éleveurs d’une région ou d’un quartier mettent en commun leur production, qui est ensuite vendue aux membres de l’association, généralement sous la forme d’un colis hebdomadaire dont le contenu varie en fonction des saisons et de la production. Chaque membre partage les risques associés à la culture ; si la production est médiocre, leur colis ne sera pas aussi fourni (ou goûteux) que si les conditions ont été plus clémentes.

La coop du comté souscrit au modèle de l’abonnement (24 dollars par an), et propose deux types de colis. Le Purist coûte 16 dollars ne regroupe que des produits locaux et régionaux, pour la plupart bio. Le contenu varie évidemment en fonction des saisons, et reflète la production locale. Cette semaine, le contenu était très vert : broccoli, chou romanesco (une variété de chou-fleur originaire d’Italie), Napa cabbage (qui malgré son nom est un chou originaire de Chine), blette, moutarde brune, épinards, persil et romarin, le tout entièrement produit dans le comté ou la région immédiate. Le contenu du colis Fruit N’ Veggie, lui, coûte 9 dollars, est fourni par General Produce, et est entièrement bio. Au menu cette semaine : bananes du Mexique, céleri, citrons, laitue, oignons jaunes, poivrons verts.

La coop propose également la boule de pain multigrain de la boulangerie de Kelseyville, mais nous y faisons parfois étape directement nous-mêmes. Le surplus de la production qui n’a pas été réparti en colis est vendu séparément au siège de la coop. La sélection, comme le rayon fruits et légumes de Trader Joe’s, tient de la loterie (ou plutôt des conditions climatiques). La semaine dernière, j’en ai rapporté un radis noir, des oranges et des pommes de terre vitelottes.

Les avantages du système sont multiples. D’abord, il y a la bonne conscience socio-écolo. En devenant membre, nous soutenons les petits fermiers locaux, et nous réduisons notre impact sur l’environnement. Ensuite, il y a l’assurance de la fraicheur et de la qualité. Il y a aussi l’aspect pratique : nous payons à l’avance notre colis via Paypal, et il est déposé le jeudi dans la cabane d’un fermier du coin que nous connaissons déjà, chez qui nous nous approvisionnons souvent en œufs et radis (certaines coopératives livrent même à domicile). Enfin, les prix sont compétitifs.

Évidemment, c’est une solution qui ne marche pas pour tout le monde. Les membres ne choisissent généralement pas le contenu du colis, qui est saisonnier. Le colis Fruit N’ Veggie est là pour pallier aux lacunes de la production locale, pour ceux qui tiennent à leurs bananes (importées d’Amérique centrale), ou leurs tomates (qui en cette saison sont produites en serre).

Les puristes qui veulent se limiter à la production locale doivent donc faire comme il y a un siècle, et s’accommoder des produits de la terre à leur disposition. Comme nous n’aimons pas gâcher (et que nous cherchons à économiser, d’autant que nous n’aimons pas nous priver de bon vin), il va nous falloir donc apprendre à cuisiner ou accomoder des légumes peu familiers.

Prenez la blette, par exemple (que dans votre coin on appelle peut-être bette ou poirée) : ma bonne maman n’a jamais réussi à me faire avaler de la Beta vulgaris autrement qu’en me menaçant de me priver de télé. Je garde un souvenir plutôt terrifiant de la plante. Mais d’un autre côté, je détestais les épinards lorsque j’étais gamin, qu’aujourd’hui je mange sans rechinier (surtout en salade). Le chou-fleur va être un défi pour moi, mais une soupe est peut-être la solution. Suggestions ?

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