On achevait bien les chevaux

Je me souviens de ma tristesse, il y a quelques années déjà, lorsque lors d’une visite en France, dans une petite ville que je fréquentais de près dans mon adolescence (un indice si Google vous tente : une bonne partie des films de la Septième Compagnie y fut tournée), je constatai que la boucherie chevaline avait disparu.

C’était un peu hypocrite de ma part, après tout. Ma bonne maman avait arrêté d’y faire ses courses lorsque, il y a presque trois décennies de ça, ma sœurette, passionnée d’équitation, avait décrété que désormais, on ne boufferait plus de cheval dans la maison. Et je n’avais pas franchement fait l’effort de contrer le diktat de la frangine.

L’année dernière, j’avais observé dans le métro parisien des affiches protestant la viande de cheval. La campagne était bien pensée, associant les bêtes à des amis. Et franchement, qui bouffe ses potes ? Mais je gardai malgré tout une certaine nostalgie des steaks de cheval. Si tendre, si savoureux. Après tout, les vaches sont sympas, elles aussi. Les cochons sont paraît-il pas cons. Et on les bouffe aussi. Sauf les végétariens et végétaliens, mais franchement, c’est une autre histoire.

Chez les Américains, la viande de cheval est tabou. Sans doute à cause de la place que l’animal tient dans l’histoire du pays. Horse thief (voleur de cheval) était il y a encore cinquante ans une insulte grave. La viande chevaline est un concept qui hérisse la plupart des États-uniens, y compris les plus couperosés des Sudistes qui continuent à cuisiner des ragoûts d’écureuils pendant l’hiver virginien.

Les derniers abattoirs dédiés, dont le produit était destiné à l’exportation ou la nourriture pour chiens, furent fermés par décret fédéral en 2007. Mais aujourd’hui, le Congrès américain a levé cette prohibition. Il est à nouveau légal d’abattre les chevaux à des fins de consommation, humaine ou animale.

Cela ne veut pas pour autant dire que la viande chevaline va réapparaître au menu du restaurant du Harvard Faculty Club. Mais on trouvera sans doute moins de chevaux maltraités. Car dans la campagnes américaines, c’est un problème malheureusement trop courant. Nourrir un cheval, ça revient plus cher qu’une portée de clébarts. Du coup, les flics américains découvrent trop souvent des animaux affamés, qui souvent ne peuvent être sauvés.

La fin de cette prohibition est donc une bonne nouvelle, paradoxalement, pour les défenseurs des droits des animaux. Mais de là à trouver des steaks de cheval chez Costco, il y a une sacrée galopade.

4 réflexions au sujet de « On achevait bien les chevaux »

  1. Je suis enamouré de l’autre ces derniers temps : encore plus tendre que le cheval, et puis cela devrait donner moins de remords: mieux vaut manger la greluche du costco local que ses potes!

  2. Eh, eh, lorsque que j’ai demande a mon Boucher Chevalin, l’origine de ses produits…. les USA, bien sur c’est Paris et je ne manque jamais de faire le plein de tartare lors de mes sejours a Paris et quelques saucisson de bourrins…. Il parait qu’il y a une officine a SF qui fourni sur commande n’importe quel animal…. la greluche n’est pas au menu, par contre sur CL…

  3. Pour info c’est je pense tabou également en Allemagne où j’habite. Bon moi perso j’en ai pas non plus mangé depuis des lustres mais étant petit ma mère en faisant de temps en temps. J’ai grandi en Belgique.

Répondre à StuFF mc Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>