Perte au change

Comme la quasi-totalité des moyennes et grandes entreprises d’Amérique du nord, le coin cuisine du bâtiment occupé par nos bureaux est équipé de distributeurs automatiques. Celui à boissons est gratuit, ce qui est plutôt sympathique, même si les sélections sans sucre sont vite épuisées. Mais celui qui distribue chips, sucreries et autres saloperies est payant. Je l’utilise rarement. Mais ce matin, après un trajet en bagnole de trois heures et demie précédé d’un maigre petit déjeuner, je me sens un rien hypoglycémique, et un sachet de M&M’s aurait été le bienvenu.

Le problème, c’est que les prix ont augmenté. Changement de fournisseur ? Ça n’est pas clair. Il y a quatre ans, le sachet coûtait 65 cents. L’année dernière, c’était 75 cents. Je n’ai pas vu le passage à un dollar — il faut dire que je ne passe qu’une journée par semaine au bureau depuis deux ans, donc il y a des détails qui m’échappent. Mais j’ai remarqué la semaine dernière que les confiseries coûtent désormais 1,25 dollar.

Et évidemment, la machine n’a quasiment jamais de monnaie. Si vous n’avez donc que deux billets de un dollar comme ma pomme et pas de pièce de 25 cents, rien à faire. J’ignore comment fonctionne l’économie des distributeurs automatiques. Y a-t-il quelque part un salaud de comptable qui a calculé que son entreprise gagnerait plus d’argent en augmentant les prix de 25 cents, sachant qu’il perdraient une partie des ventes ? Ce quart de dollar supplémentaire suffit-il à couvrir les pertes en question ? J’espère que non, connard de comptable. J’espère que ton avarice t’étouffera, et que tu mourras un jour après une longue agonie, écrasé par un distributeur automatique que tu auras secoué en vain, tentant d’en extraire sa marchandise prise en otage par une machine radine et dépourvue de monnaie, comme ce jeune imbécile nommé aux Darwin Awards 2001.

7 ans plus tard…

… Il y a toujours des imbéciles pour croire que les attentats du 11 Septembre relèvent du complot. Il y en a partout, de ces cons-là. Mardi, un blaireau dans sa Dodge Neon m’a dépassé sur la route 29, me permettant de lire ses trois bumperstickers — ce média si typiquement américain — tous dénonçant les « mensonges » qui entoureraient la destruction de ce jour fatidique.

9/11 Was An Inside Job, proclamait l’un d’entre eux. Bien sûr. L’administration Bush et/ou la CIA, deux entités qui se sont révélées d’une incompétence fantastique dans de si nombreux domaines, auraient réussi à mettre en place une fausse attaque terroriste sur le sol américain, et à faire gober leur version aux médias et au public. Bah voyons.

Je passe sur la démarche bancale de ces adeptes de la théorie du complot, dont la caractéristique commune est toujours d’appuyer leurs hypothèses fumeuses sur des détails ou des interprétations soigneusement choisis et isolés parmi une montagne de preuves réfutant le contraire.

Il fut déjà pour le moins agaçant de voir que le premier livre (j’utilise ce mot en me pinçant le nez) pondu pour défendre la théorie d’un complot fut publié par un soi-disant journaliste français. J’entendis ensuite les propos de cette conne de Marion Cotillard, qui aurait mieux fait de fermer son joli minois plutôt que de contredire les conclusions d’experts en génie civil — l’idiote alla même jusqu’à exprimer son doute que des hommes aient marché sur la lune.

Et voilà que Bigard, le spécialiste de l’humour beauf hexagonal, lui dont le style est directement hérité du stand-up américain (il pompa pas mal de ses sketches sur des comiques d’outre-Atlantique, on ne le dit pas assez), se met lui aussi à jouer aux experts ès avionique et démolition.

S’il-vous-plaît, chers compatriotes : pour une fois, juste pour aujourd’hui, fermez vos gueules.

Montparnasse-Pondichéry

Pondichéry
La France, vue de Pondichéry, c’est loin.
Photo : cs jmz. Licence Creative Commons.

Après les médias, la blogosphère française semble s’enflammer depuis quelques jours avec l’affaire de ce jeune designer Web qui s’est vu proposer par l’ANPE un poste à Pondichéry, en Inde, payé 20 000 roupies par mois, soit, au cours d’aujourd’hui, 488 dollars US, ou 314 euros.

Certes, certains applaudissent le fait que l’agence des chômeurs français (appelons un chat un chat) publie, en vertu de la loi en vigueur, les offres d’emploi des entreprises françaises délocalisant leurs opérations, ou relaye celles envoyées par des employeurs potentiels à l’étranger.

Mais ça n’est pas du goût de tout le monde. Les qualificatifs de « scandaleux », d’« indécent » ou d’« inadmissible » apparaissent parmi les commentaires des articles relatant l’affaire. Les raisons derrière cette indignation sont multiples.

D’abord, le salaire. Les 10 000 à 20 000 roupies mensuelles proposées paraissent dérisoires. Mais contrairement à certaines affirmations, il se trouve que 20 000 roupies par an de l’annonce en question correspondent à peu près au salaire d’un informaticien indien ayant un an d’expérience — pas mal donc pour un bac+2.

Certains soulignent l’augmentation du coût de la vie dans les métropoles indiennes. Il est vrai que le prix des loyers dans les mégapoles du sous-continent a certes grimpé au cours des dernières années, en même temps qu’une nouvelle classe socio-professionnelle de jeunes cols blancs a explosé. Il faut désormais chercher un peu pour trouver un deux-pièces à moins de 100 euros par mois à Bangalore. Voilà une situation qui n’est finalement pas très différente de celle que rencontrent les classes moyennes à Paris, Londres, New York ou San Francisco, où les loyers ne cessent d’augmenter, et où de nombreux jeunes (et moins jeunes) adultes voient souvent près de la moitié de leur salaire engloutie par leur hébergement. Mais contrairement à ces villes occidentales, où le pouvoir d’achat en a pris un coup, la rémunération des professionals en Inde continue d’augmenter avec la demande.

Un autre sujet de colère est pour d’autres le fait qu’à ce tarif, un simple billet d’avion de retour coûterait au jeune diplômé en question une bonne partie de son salaire annuel. Une visite à la famille pendant les vacances de Noël coûterait plusieurs mois de salaire. C’est vrai. Et alors ?

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Le petit Rudy

Dans la série parallèle politique foireux, Gilles Biassette, correspondant à Dallas pour le quotidien La Croix, nous explique que Rudy Giuliani, ex-maire de New York en campagne présidentielle sous l’étiquette républicaine, veut être un Sarkozy à l’américaine.

Évidemment, il y a de quoi rire. Par où commencer ?

De la même façon que SuperFrenchie (qui hier rencontrait d’ailleurs les présidents français et américain à Washington D.C. avec entre autres expatriés Loïc Le Meur) soulignait il y a quelques jours que l’affirmation de 60 Minutes selon laquelle les Français surnomment « Sarkozy l’Américain » le locataire actuel de l’Élysée n’avait aucun fondement — il s’agissait d’un raccourci journalistique pratique mais honteux — le correspondant texan du quotidien catholique semble affirmer que le candidat républicain s’est trouvé un role model dans la personne du petit Nicolas :

« En fait, Rudy Giuliani veut être le « Sarkozy américain », trouver les mots pour incarner le changement tout en étant issu du parti au pouvoir. Comme lui, il est petit et énergique ; comme lui, il est ferme en matière de sécurité et libéral sur le plan économique, partisan des baisses d’impôts. Les mauvaises langues ajoutent désormais dans la liste des points communs une vie conjugale agitée. Rudy Giuliani en est à son troisième mariage, et ses divorces ont fait les choux gras de la presse new-yorkaise ! »

Je passe sur l’emploi douteux du point d’exclamation, une horreur que je trouve déjà inacceptable sur un blog amateur comme celui-ci, et a fortiori dans un quotidien national, même si son lectorat ne se résume qu’à la race désormais en voie d’extinction des catholiques de gauche.

Mais là où Biassette donne carrément dans le fantasme, c’est dans son affirmation selon laquelle Giuliani veut être un « Sarkozy américain ». Il n’y a rien pour soutenir cette thèse sinon la mention d’une blague que Giuliani racontait lors d’un récent discours, qui tend d’ailleurs à railler le système français et à mettre en avant la fascination du président français pour les États-Unis. Un rien francophobe, même cette bonne histoire destinée à détendre un public encravaté de coincés conservateurs n’a pas réussi à trouver son public.

Et Rudy Giuliani, « petit » ?

De toute évidence, Biassette n’a jamais rencontré l’ex-maire de New York en personne. Rudy Giuliani fait 1 mètre soixante-quinze selon les estimations les plus conservatrices (5 pieds et neuf pouces et demi), voire 1,78 mètre selon d’autres sources. Sans être un géant, c’est ma foi respectable, et pas franchement qualifiable de « petit », sauf pour quelqu’un qui évolue exclusivement parmi le cercle des joueurs de la NBA. Il se place dans la moyenne des candidats républicains, et est donc deux à trois centimètres plus petit que George W. Bush. Rudy n’a donc pas à utiliser un tabouret lorsqu’il se fait prendre en photo avec le président américain.

Passons sur cette bête erreur. Je ne blâme pas Biassette pour avoir écrit son papier de chez lui : j’ai moi aussi pigé pour des quotidiens étrangers lorsque je vivais en France, ce qui signifie souvent simplement offrir un éclairage sur la politique et la société françaises accessible à un lectorat non-hexagonal, le tout sans avoir à pointer son nez dehors (l’exercice nécessite toutefois quelques efforts stylistiques consistant par exemple à employer « candidat néo-gaulliste » pour « candidat RPR », ou des parenthèses explicatives chaque fois que l’expression « acquis social » apparaît dans une citation).

Mais quand même, Gillou. Certes, la comparaison, même limitée, peut être faite entre les deux hommes. L’éditorialiste Fred Siegel du tabloid conservateur New York Post notait hier que Sarkozy pouvait être vu comme un « French Rudy », et remarquait avec justesse que lors de leur rencontre en 2006, le candidat de l’UMP avait sûrement été inspiré par le « maire du 11 Septembre », et qu’en retour ce dernier pourrait prendre une leçon en stratégie de campagne de la part du président français. Mais de là à affirmer que Rudy Giuliani voit Sarkozy comme un modèle, faudrait voir à pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des connards sauvages. Encore un bel exemple d’ethno-centrisme, tout aussi honteux et bidonné que celui de 60 Minutes

Giuliani veut être président : c’est la seule chose qu’il envie à Sarkozy.

Enceints

L'homme enceint
The pregnant man.
Photo : oatmeal2000. Tous droits réservés.

S’il est bien un américanisme qui me gonfle (je sais, je râle beaucoup sur ce blog, ce qui fait dire à certains que je dois être un mec hargneux et malheureux, surtout ceux qui sont incapables de déceler sarcasme ou ironie chez ceux d’entre nous qui refusons toujours d’utiliser les smileys, ces béquilles stylistiques dont les skyblogueurs semi-illetrés sont si gourmands) — s’il est bien donc, disais-je avant de m’interrompre, une expression typiquement américaine qui me donne envie d’avorter ceux qui la prononcent, c’est celle qui consiste à annoncer un heureux événement par cette phrase : « We’re pregnant ».

Personne ne semble savoir comment est née cette expression popularisée dans les années 90. S’agit-il d’une émanation sexo-égalitariste du politiquement correct, consistant à faire partager au géniteur la responsabilité et le poids psychologique de la gestation ? Ou bien s’agit-il au contraire d’une revendication quasi-machiste du père, craignant que les rumeurs attribuent la paternité à quelqu’un d’autre ?

Toujours est-il que l’emploi de la première personne du pluriel pour décrire l’état biologique de la mère, surtout dans la bouche du père supposé, me conduirait presque à rendre orphelin le fœtus qu’il a engendré.

Encore l’autre jour, j’entendis un écrivain pousser le bouchon encore plus loin en décrivant l’accouchement de sa femme par ces mots : « We went into labor ». Il se reprit aussitôt, remarquant justement que ce n’est pas lui qui dut lutter avec les contractions induites par son bébé de fils, mais bien sa moitié, tandis qu’il restait là, planté comme un con, assistant impuissant à la douleur procréatrice de la mère.

J’ignore s’il y a déjà des francophones qui annoncent fièrement, sans crainte du ridicule : « Nous sommes enceints », au lieu de « Nous attendons un enfant ». À moins que le père ne porte lui aussi un fœtus, n’accouche d’une façon que je préfère ne pas imaginer et ne donne le sein à sa progéniture, il n’y a aucune raison pour lui d’utiliser le pronom « nous ».

Le premier que je rencontre qui utilise la première personne du pluriel pour décrire l’état de sa femme, je lui file un coup de tatane dans les gonades. À moins que la future maman ne se plie de douleur après l’impact, il l’aura mérité.

Accidents de la broute

Chevreuil
Hmmm, venison burgers…
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

C’est début octobre, ce qui signifie que c’est la pleine saison de reproduction pour les cervidés, qui en Californie ne sont guère timides. Les chevreuils s’aventurent jusque dans les jardins des banlieues cossues de Silicon Valley, et dans le comté de Lake, où j’habite, on les croise de façon quotidienne, en solo ou en famille, au bord de la route ou sur la pelouse, y compris en plein jour, d’autant que la saison de la chasse en zone A (qui inclut le plus gros de l’État) est désormais close pour permettre aux bêtes de pouvoir forniquer sans crainte.

En Île-de-France, où je suis né, les principales victimes animales du trafic routier sont les lapins et les hérissons. Les collisions avec des sangliers et des chevreuils sont rares. En Californie du nord, ce sont les putois, les ratons laveurs et les écureuils qui se font le plus souvent aplatir, quelques opossums, dindes ou renards venant parfois compléter le tableau de chasse. Et puis il y a donc ici aussi les cervidés, qui, aussi agiles soient-ils, font généralement preuve d’une imprudence remarquable vis-à-vis des véhicules motorisés, restant souvent plantés là avec le même regard vide et imbécile que celui d’un lièvre de province. Dans l’ouest américain, les espèces les plus courantes sont le cerf hémione (ou cerf mulet) et le cerf à queue noire. Ces deux cousins proches sont à peu près aussi cons l’un que l’autre lorsqu’il s’agit de respecter le code de la route, ce qui signifie que conducteurs et motocyclistes doivent adopter à leur égard la même méfiance que vis-à-vis du piéton parisien.

Chevreuil
Chevreuil : 1. Dodge : 1. Match nul.
Photo : armchairtraveler. Tous droits réservés.

Là où un putois ne laisse qu’une galette à l’odeur âcre, le cervidé en chaleur risque d’imprimer un souvenir mémorable sur la carosserie de votre véhicule (sans parler du montant de votre assurance), et dans certains cas il continuera sa course à la gueuse, sans même s’arrêter pour constater les dégâts. Évidemment, les plus jeunes sont souvent les plus cons, mais personne n’a envie de tuer Bambi au volant d’un minivan embarquant une portée de gamins. Le danger est encore plus réel pour les motards, pour qui la collision avec un gros mammifère peut être fatale. Certaines sociétés vendent des sifflets ultra-soniques à installer sur l’extérieur d’un véhicule, censés écarter les cervidés, mais leur efficacité reste à démontrer.

Malgré mes précautions, je sais que la collision avec un chevreuil reste une éventualité bien réelle, surtout lors de ma traversée hebdomadaire de la chaîne des Mayacamas. Et il n’y a même pas la consolation de venison burgers à la clé : en Californie, il est illégal de ramasser le gibier qui s’est bêtement aventuré devant votre pare-choc (seule rare exception : si la bête a été préalablement blessée par le projectile d’un chasseur, et que vous êtes détenteur d’un permis de chasse correspondant à votre cible).

Pour me préparer à l’impact psychologique, j’imagine toujours que l’animal qui va tôt ou tard passer sous mes roues est non seulement un con méritant son sort darwinien, mais un salaud dont la mort n’est que justice karmique. Personne ne conteste qu’il y ait des gens véritablement nuisibles chez l’homo sapiens, comme les tueurs en série, les tortionnaires d’enfants ou les électeurs du Front national, dont la mort subite peut être vue comme une ironie céleste, le majeur dressé du destin faisant un peu de ménage. J’aime à penser que la même chose existe dans le reste du royaume animal. Nous avons tous rencontré (et même parfois nourri) un chien véritablement méchant ou un chat incroyablement sadique, voire un poisson rouge cannibale ou un hamster psychopathe.

Je pars donc toujours du principe qu’il est inutile de se laisser traumatiser par la mort d’un écureuil sur l’autoroute, car après tout, le rongeur en question, aussi mignon semblait-il, était peut-être un truand à poils, un violeur en série, un pédophile arborigène — bref, un enfoiré de sa race.

À bas le capitalisme

Il est une bonne vieille pratique française dont l’expatrié se doit de se débarrasser : celle qui consiste à capitaliser son nom de famille.

La convention typographique, qui doit son existence essentiellement au fait que nombre de noms de famille français sont aussi des prénoms, n’est pas en usage aux États-Unis, où il est fortement encouragé de l’oublier.

Cette pratique bien de chez nous va souvent de pair avec l’écriture du nom de famille avant le prénom. Aux États-Unis, dans la plupart des cas, on liste son prénom avant son nom. Lorsque le nom de famille doit être listé avant dans le même champ, le formulaire le précise, et lorsque c’est le cas, le patronyme sera suivi d’une virgule de séparation.

Inutile donc d’écrire son nom de famille en capitales de ce côté-ci de l’Atlantique, sauf si vous devez également écrire votre prénom de la même façon. D’autant que n’importe qui ayant utilisé l’Internet pendant plus de deux minutes et demie sait qu’écrire tout en majuscules est impoli et peu recommandé. De grâce donc, épargnez-nous la capitalisation de votre patronyme, y compris sur LinkedIn ou Facebook. Cette pratique surannée dans votre correspondance pourrait même ici vous faire passer pour un prétentieux cherchant à insister sur son pedigree.

En revanche, si votre nom a une particule, apprêtez vous désormais à voir l’initiale de votre particule capitalisée, que vous soyez noblesse d’Empire ou pas.

Incroyable mais vrai

Le problème, lorsqu’on vit depuis bientôt une décennie hors de la mère patrie, c’est qu’on en vient assez vite à se désintéresser de certains aspects de l’actualité de son pays natal, en premier lieu ce que les Français appellent bêtement le pipole.

Je viens d’apprendre, au détour d’un flux RSS, que Jacques Martin, l’animateur de télévision, est décédé aujourd’hui. Et ma première réaction fut classique : ah tiens, il n’était pas déjà mort ? J’aurais pourtant juré que Jacquot nous avait quitté il y a déjà plusieurs années, mais de toute évidence, je le confondais avec une autre de ces célébrités vieillissantes qui à l’âge du Viagra portent soudain leur dévolu sur des hôtesses de l’air de l’âge de leur fille cadette.

Mes sentiments vis-à-vis de l’animateur sont partagés — enfin, pas tant que ça. Je lui rends hommage pour avoir donné leurs chances à des gens comme le génial Pierre Desproges (qui se rappelle de l’insolent Petit Rapporteur ?). Mais Jacques Martin, c’est aussi le type qui par la suite nous a pollué nos dimanches pluvieux d’émissions pour mémère, croonant dans son micro comme un client de karaoké enviné, assénant des calembours douteux en guise d’humour à une audience de quatrième âge à peine tenue éveillée, et raillant publiquement MC Solaar après sa prestation, alors même que Dimanche Martin et ses différentes incarnations se firent une spécialité de mettre en avant les plus grosses bouses de l’eurodance.

Alors bon, comme je ne veux pas me mettre à dos les enfants de la Première dame de France, j’arrête là.

Ces fainéants de CNN

Il serait temps que la chaîne tout info d’Atlanta remette à jour son stock footage concernant Yahoo!. Chaque fois qu’il est question de la firme Internet, CNN illustre son actualité avec des images datant de… 2000, voire 1999. Hier matin, on y a encore eu droit : l’enseigne jaune et violette des bureaux de Yahoo! à Santa Clara (alors même que voilà 7 ans que la société s’est installée dans son campus de Sunnyvale, au bord de la baie), et même un plan du cubicle de TK (Tim Koogle), l’ex-ex-CEO de la firme. Une paresse d’autant plus regrettable qu’il s’agissait pour CNN de commenter la réaction favorable de Wall Street au départ de Terry Semel, désormais remplacé par le co-fondateur Jerry Yang.

Un pourboire pour vivre

Addition au restaurantLe pourboire n’est pas obligatoire, mais il n’est pas non plus facultatif…
Photo : hollyoh7. Licence Creative Commons

Pour une raison que je ne parviens pas à expliquer, il semble que les Français — y compris de nombreux expatriés vivant aux États-Unis depuis des années — soient parmis les plus radins en matière de pourboire.

Certes, il y a des avares et des mal élevés partout. J’ai croisé quelques Américains de naissance qui ne lâchaient pas facilement les 15% correspondant au pourboire standard qu’on est censé laisser au restaurant. Mais les Européens — les Français en particulier — ont dans le monde de la restauration américaine une mauvaise réputation, due au manque de savoir-vivre dans ce domaine de nombre de leurs représentants. Et le stéréotype reste vivace, car validé de façon quotidienne par les touristes en visite à San Francisco et ailleurs.

Alors c’est vrai, certains Français visitant pour la première fois le Nouveau Monde ne sont pas forcément au fait des us et coutumes, et assument parfois de bonne foi que le service est inclus dans l’addition, comme dans l’Hexagone. Mais il existe aussi des Français qui savent pertinemment qu’une gratuity doit être laissée en sus, mais qui choisissent d’ignorer cette règle de base, par paresse ou avarice, et contribuant ainsi à projeter une sale image sur l’ensemble de leurs compatriotes.

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