Potager d’hiver

Potager
Le petit Victory garden de la maisonnée : tomates, basilic, épinards, romaine et brocoli.

C’est l’automne, et la récession menace de se transformer en dépression. J’ai donc agrandi notre très modeste Victory garden le mois dernier. En plus des tomates, du basilic et du thym, j’ai planté à la mi-septembre radis, épinards, romaine et brocoli. Pas de courges, car je n’ai que peu d’intérêt pour ces légumes que les Américains affectionnent particulièrement. Sans doute, comme pour beaucoup de mes compatriotes, ces cucurbitacés symbolisent un peu trop pour moi les maigres repas que mes aïeux se tapaient sous l’Occupation, pendant que ces enfoirés de SS se gavaient de saucisson à l’ail (si vous ne me croyez pas, regardez les documentaires de Gérard Oury).

Going native


California Flora Nursery, à Fulton, près de Santa Rosa, se spécialise dans les plantes natives à l’État.

La maison que nous louons n’a qu’un modeste bout de jardin, mais je suis bien décidé à en tirer le maximum. Le minuscule potager est désormais protégé des chevreuils. J’ai encore un travail d’extermination à finir avec des mauvaises herbes, notamment des saloperies comme la goosegrass et la green kyllinga que j’arrache presque quotidiennement.

Mais j’ai encore quelques coins à aménager, ou qui ont besoin d’un peu d’attention. Et tant qu’à faire, j’ai décidé de donner priorité aux plantes de la flore endémique californienne. De passage dans les environs de Santa Rosa, je fais donc étape chez un pépiniériste qui se spécialise dans les espèces natives de l’État, California Flora Nursery. Les plantes régionales y sont identifiées par une astérisque devant leur nom sur le panneau ornant chaque parcelle, qui mentionne aussi quelques attributs utiles, notamment leur résistance aux chevreuils, ou si elles attirent oiseaux-mouches ou papillons. Pour un jardinier débutant comme ma pomme qui n’a qu’une connaissance approximative des plantes de la région, c’est une mine d’informations.


De gauche à droite, en haut : toyon, lilas californien, arbre à café californien. En bas : western columbine, red buckwheat, sauge Winnifred et sauge grise.

Je sais déjà que je veux un pied ou deux de Vitis californica, une vigne locale dont j’ai trouvé des plants sauvages lors d’une balade dans les bois de Cobb Mountain. L’horticulteur en entretient plusieurs cultivars, et celui qui est disponible actuellement est un hybride entre la Vitis californica et la Vitis vinifera européenne, Roger’s Red, baptisé d’après Roger Raiche, un biologiste de UC Davis. Ce cépage donne des petites grappes comestibles et les feuilles tournent au rouge vif à l’automne.

Dans mon chariot, j’empile également deux plants d’un lilas californien, le Ceanothus ‘Blue Jeans’. La plante aime le soleil, n’exige que peu d’eau et les chevreuils ne l’apprécient que moyennement, ce qui en fait une bonne candidate pour border l’allée côté ouest, qui n’est pas gardée par un arroseur à détection de mouvement. Elle sera rejointe, un peu plus bas, par deux toyons (un genre qui appartient aux rosacés), plus exactement la variété Davis Gold de l’Heteromeles arbutifolia, qui donne des baies jaunes à l’automne. Et, enfin, un plant de sauge native de la Californie, la Salvia clevelandii ‘Winnifred Gilman’, qui elle aussi n’attire guère les cervidés.

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Gadget : Contech ScareCrow

ScareCrow
ScareCrow
Contech.

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Vivre dans un coin de campagne est un privilège. Je peux prendre mon café dans mon jardin, observer les oiseaux-mouches butiner mes fleurs, les écureuils grimper aux arbres et… les chevreuils bouffer mes plants de tomates.

Les cervidés sont si nombreux dans la région qu’on est quasiment assuré d’en croiser au moins un exemplaire à chaque balade. Les accidents sont nombreux, et la chasse à l’animal est populaire. Après un an à vivre dans les boonies du comté de Lake, mon enthousiasme pour la grâce de ces animaux a été remplacé par un brin d’exaspération, notamment après avoir manqué d’en percuter plus d’un en voiture ou à moto, mais surtout après avoir trouvé à plusieurs reprises mon potager ravagé par un chevreuil gourmand au petit matin.

L’installation d’un treillis sommaire et de grillage improvisé autour de mes tomates n’a pas suffi à décourager les animaux. Après avoir consulté une amie du coin qui cultive le fruit depuis plusieurs années, une solution s’est imposée : un arroseur activé par la détection de mouvement.

Le ScareCrow est le produit leader dans cette niche très particulière. L’engin, fabriqué par la société canadienne Contech, combine deux technologies qui ne sont pas nouvelles : l’arroseur de jardin et le détecteur de mouvement. Alimenté côté électricité par une pile de 9 volts et côté eau par un simple tuyau d’arrosage, le ScareCrow arrose une zone prédéteminée lorsque son capteur à infrarouge passif détecte un intrus.

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La Californie s’enflamme


Carte grand format
L’odeur de cendres est partout dans Wine Country depuis près d’une semaine. La visibilité, d’ordinaire exceptionnelle (les habitants du comté de Lake s’enorgueillissent d’avoir l’air le plus pur de Californie), est réduite à un moins d’un demi-kilomètre. Je ne peux même plus distinguer l’autre rive du lac. La pollution est également considérable dans les vallées de Ukiah, Sonoma et plus encore Napa. La qualité de l’air est exécrable, entraînant de nombreux troubles respiratoires chez les personnes sensibles. Même Marin et San Francisco sont touchés.

Clear Lake
Clear LakeClear Lake vu du même angle : en haut, en mai 2007. En bas, le 26 juin 2008..
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons

Le Walker Fire est l’un des centaines d’incendies qui ravagent l’État depuis plusieurs semaines. Celui-là a commencé dimanche, sur la bordure entre les comtés de Lake et de Colusa, sans doute le résultat de braises retombées d’un des feux qui sévit depuis samedi dans les comtés de Solano et Napa, désormais contrôlé. Plus au sud, un autre a ravagé plusieurs résidences suburbaines dans l’est de la Baie. Les collines de San Bruno ont également brûlé, les monts Santa Cruz sont eux aussi à nouveau victimes des flammes et la région de Big Sur est menacée.

Le poste de commande des pompiers combattant le Walker Fire est situé dans mon village de Kelseyville, à soixante kilomètres du front. Mardi matin, deux camions ont déchargé un bataillon de types aux visages fatigués et noirs de suie.

Rien que dans le nord de la Californie, CAL Fire estime aujourd’hui à plus d’un millier le nombre d’incendies, dont bon nombre ont été provoqués par la foudre. L’été vient de commencer. Et il s’annonce chaud et sec.

Pavot californien

Eschscholzia californica
Le pavot de Californie, ou California poppy (Eschscholzia californica si vous avez fait un bac scientifique) est la fleur de l’État, et sans doute ma fleur sauvage préférée dans la région. Certains en font une tisane, recommandée contre l’anxiété ou l’insomnie. Je ne m’attendais pas à en voir un buisson dans mon jardin, mais au mois dernier, les coquelicots ont fleuri.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Sauvetage de caneton

Décidément, les oiseaux du coin sont une source d’inspiration inépuisable pour ce blog. Il faut dire que le comté de Lake, dont le grand héron est le symbole, est un trésor pour les ornithologues.

Caneton
Trop jeune pour faire un magret.
Caneton en cage
Hello, Clarisse.

Je fais ce matin une pause dans mon jardinet, mug de café à la main, vérifiant l’état des plants de tomates et mesurant l’effet du désherbant sur l’allée, quand soudain j’aperçois le drame en train de se jouer sur l’herbe du terrain voisin : l’un des chats du voisinage, un voyou blanc et gris (notez que je précise sa couleur par souci de précision, n’y voyez donc là rien de raciste), est en train de pourchasser un caneton d’à peine huit centimètres de haut.

Ne voyant nulle part trace des parents du mini-palmipède, je me précipite pour le sauver des griffes du félin. L’oisillon est clairement paralysé par la peur, et j’arrive à le ramasser sans trop de mal, encore qu’un fois dans ma main, il s’agite et cherche désespérément à s’enfuir. Take it easy, little dude. C’est pour ton bien.

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Les géants de Montgomery Woods

Parmi les merveilles naturelles de la région de San Francisco se dressent les séquoias, arbres gigantesques qui autrefois, avec d’autres conifères, couvraient l’ensemble de San Francisco, sa péninsule et le nord de la Baie. Ils furent abattus en masse au XIXe siècle pour alimenter le bâtiment et l’industrie navale.

Géant
Deux clichés avec un objectif de 28 mm ont été nécessaires pour capturer ce séquoia qui culmine à plus de 100 mètres.
Géants
Géant déracinéPhotos : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Il reste heureusement de nombreux endroits en Californie où l’on peut admirer de spectaculaires exemplaires de ces arbres pouvant facilement atteindre plus de quatre-vingts mètres de haut. Il y a évidemment Sequoia National Park, dans le sud de la Sierra Nevada. Il y aussi le superbe Mariposa Grove du parc de Yosemite, dont l’un des séquoias est estimé à 1800 ans, l’un des plus vieux être vivants de la terre. Et dans la région de San Francisco, il y a bien sûr le monument national de Muir Woods, une destination touristique populaire à seulement une heure au nord de la ville, préservant une impressionnante collection de séquoias et autres pseudotsugas. L’État de Californie gère à lui seul une trentaine de parcs dédiés à ces arbres.

L’un des moins connus d’entre eux est Montgomery Woods, au nord de San Francisco, dans le comté de Mendocino. Cette réserve où l’entrée est libre est perdue entre les vallées d’Anderson et de Ukiah, le long d’une superbe route de montagne qui mène notamment les hippies amateurs de bains en sources d’eau chaude à Orr Springs. L’endroit se prête également à un pique-nique (il y a des tables et même des toilettes à l’entrée), surtout pour ceux qui l’été cherchent un peu de répit du soleil.

L’endroit n’est guère fréquenté car très isolé (à environ trois quarts d’heure du centre d’Ukiah, ou à 1 heure de Philo, dans Anderson Valley), mais il vaut le détour. Le long d’un sentier faisant une boucle se dressent deux des espèces principales de séquoias : le Sierra Redwood, celui qu’on trouve à Yosemite et dans les massifs de l’est californien, et le Coastal Redwood, moins trapu mais bien plus élancé — c’est bien simple, cette espèce est l’arbre le plus haut du monde.

Parmi les nombreux bosquets de séquoias de Montgomery Woods se trouve le Mendocino Tree, qui pendant longtemps fut considéré comme l’arbre le plus grand de la planète. Il a cependant été détrôné par d’autres séquoias récemment mesurés dans le Redwood National Park, près d’Eureka. Mais à 112 mètres et plus de mille ans d’âge, l’arbre atteint le deuxième étage de la Tour Eiffel, et dépasse la Statue de la Liberté de plus de cinq étages.

Le Mendocino Tree n’est nulle part indiqué (l’administration veut éviter de voir sa base endommagée par les curieux) , mais ses coordonnées sont facilement trouvables pour qui cherche un peu.

Touche pas à mon parc

Arnold ne plaisante pas avec les coupes budgétaires. En bon fiscal conservative, le gouverneur a annoncé le 10 janvier dernier une série de mesures visant à réduire le déficit de l’État. Il a demandé à ses hauts fonctionnaires des mesures visant à réduire leurs dépenses de 10%. Les dents grincent, surtout du côté des écoles, qui risquent de se voir imposer un resserrement de ceinture de l’ordre de 5 milliards de dollars.

Le problème, évidemment, c’est que personne ne veut jamais être la victime d’une coupe budgétaire, même ceux qui prônent normalement la « responsabilité fiscale », une expression qui aux États-Unis désigne une politique de dépense conservatrice, à des années-lumières de celle du gouvernement fédéral actuel, par exemple.

Parcs californiens
Carte des parcs et monuments californiens visés par la coupe budgétaire et dont la clôture au public est proposée. Grand format et version PDF.

Parmi les programmes visés, les parcs gérés par l’État : 49 fermetures au public sont proposés par Sacramento, visant à réduire les frais de l’administration.

Dans la région immédiate de San Francisco, le parc de Portola Redwoods et l’aire récréative de Candlestick Point figurent dans cette liste. Moins touristiques que d’autres parcs d’État, ils ont cependant leurs fidèles, notamment respectivement parmi les randonneurs et les ornithologues. Dans le reste de l’État, de nombreux parc côtiers et plages sont également concernés, ainsi que beaucoup de parcs et monuments historiques.

Parc de Clear Lake
Le parc d’État de Clear Lake, connu pour ses plages et ses bois peuplés de dindes et de chevreuils, figure parmi les parcs visés par la coupe budgétaire.

Dans mon comté adoptif, Lake, il n’existe que deux parcs gérés par l’État (celui de Robert Louis Stevenson déborde légèrement sur Lake, mais se trouve pour le plus gros dans le comté de Napa). Et manque de chance, les deux sont sur la liste : Clear Lake State Park, sur la rive sud du lac, accueillant notamment campeurs et amateurs de bateau, et Anderson Marsh State Historic Park, au sud-est, un sanctuaire marécageux et un site archéologique des ancêtres des Indiens Pomo de la région qui héberge aussi un festival annuel de bluegrass.

Pour le comté, c’est une très mauvaise nouvelle. Car Lake, déjà lourdement handicapé par un taux de chômage et de pauvreté bien au-dessus de la moyenne californienne, n’a pas vraiment besoin de ça. Le parc de Clear Lake, notamment, est la destination touristique principale de la région. Le comté a certes d’autres choses à offrir, comme ses quelque vingt-deux domaines viticoles, mais les voisins de Napa et Sonoma, plus chers mais plus faciles d’accès, ont déjà le quasi-monopole de l’œnotourisme. Le lac continuera à attirer les pêcheurs et les wakeboarders, mais la fermeture des deux parcs d’État, les plus grands dans la région, va indubitablement fragiliser l’économie locale, et créer davantage de manque à gagner que d’économies (fermer le parc n’économiserait qu’environ 333 000 dollars par an).

Le chapitre local du Sierra Club, soutenu par les chambres de commerce locales — une alliance peu commune — proteste vivement contre ces mesures annoncées. Une pétition est disponible au format PDF, qu’il vous suffit d’envoyer par la poste à l’adresse indiquée une fois signée.

J’encourage aussi vivement à écrire ou faxer directement au gouverneur à l’adresse suivante :

Governor Arnold Schwarzenegger
State Capitol Building
Sacramento, CA 95814

Fax: 916-558-3160

Accidents de la broute

Chevreuil
Hmmm, venison burgers…
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

C’est début octobre, ce qui signifie que c’est la pleine saison de reproduction pour les cervidés, qui en Californie ne sont guère timides. Les chevreuils s’aventurent jusque dans les jardins des banlieues cossues de Silicon Valley, et dans le comté de Lake, où j’habite, on les croise de façon quotidienne, en solo ou en famille, au bord de la route ou sur la pelouse, y compris en plein jour, d’autant que la saison de la chasse en zone A (qui inclut le plus gros de l’État) est désormais close pour permettre aux bêtes de pouvoir forniquer sans crainte.

En Île-de-France, où je suis né, les principales victimes animales du trafic routier sont les lapins et les hérissons. Les collisions avec des sangliers et des chevreuils sont rares. En Californie du nord, ce sont les putois, les ratons laveurs et les écureuils qui se font le plus souvent aplatir, quelques opossums, dindes ou renards venant parfois compléter le tableau de chasse. Et puis il y a donc ici aussi les cervidés, qui, aussi agiles soient-ils, font généralement preuve d’une imprudence remarquable vis-à-vis des véhicules motorisés, restant souvent plantés là avec le même regard vide et imbécile que celui d’un lièvre de province. Dans l’ouest américain, les espèces les plus courantes sont le cerf hémione (ou cerf mulet) et le cerf à queue noire. Ces deux cousins proches sont à peu près aussi cons l’un que l’autre lorsqu’il s’agit de respecter le code de la route, ce qui signifie que conducteurs et motocyclistes doivent adopter à leur égard la même méfiance que vis-à-vis du piéton parisien.

Chevreuil
Chevreuil : 1. Dodge : 1. Match nul.
Photo : armchairtraveler. Tous droits réservés.

Là où un putois ne laisse qu’une galette à l’odeur âcre, le cervidé en chaleur risque d’imprimer un souvenir mémorable sur la carosserie de votre véhicule (sans parler du montant de votre assurance), et dans certains cas il continuera sa course à la gueuse, sans même s’arrêter pour constater les dégâts. Évidemment, les plus jeunes sont souvent les plus cons, mais personne n’a envie de tuer Bambi au volant d’un minivan embarquant une portée de gamins. Le danger est encore plus réel pour les motards, pour qui la collision avec un gros mammifère peut être fatale. Certaines sociétés vendent des sifflets ultra-soniques à installer sur l’extérieur d’un véhicule, censés écarter les cervidés, mais leur efficacité reste à démontrer.

Malgré mes précautions, je sais que la collision avec un chevreuil reste une éventualité bien réelle, surtout lors de ma traversée hebdomadaire de la chaîne des Mayacamas. Et il n’y a même pas la consolation de venison burgers à la clé : en Californie, il est illégal de ramasser le gibier qui s’est bêtement aventuré devant votre pare-choc (seule rare exception : si la bête a été préalablement blessée par le projectile d’un chasseur, et que vous êtes détenteur d’un permis de chasse correspondant à votre cible).

Pour me préparer à l’impact psychologique, j’imagine toujours que l’animal qui va tôt ou tard passer sous mes roues est non seulement un con méritant son sort darwinien, mais un salaud dont la mort n’est que justice karmique. Personne ne conteste qu’il y ait des gens véritablement nuisibles chez l’homo sapiens, comme les tueurs en série, les tortionnaires d’enfants ou les électeurs du Front national, dont la mort subite peut être vue comme une ironie céleste, le majeur dressé du destin faisant un peu de ménage. J’aime à penser que la même chose existe dans le reste du royaume animal. Nous avons tous rencontré (et même parfois nourri) un chien véritablement méchant ou un chat incroyablement sadique, voire un poisson rouge cannibale ou un hamster psychopathe.

Je pars donc toujours du principe qu’il est inutile de se laisser traumatiser par la mort d’un écureuil sur l’autoroute, car après tout, le rongeur en question, aussi mignon semblait-il, était peut-être un truand à poils, un violeur en série, un pédophile arborigène — bref, un enfoiré de sa race.