Trop long pour Twitter

Je me suis fait avoir par un canular. J’ai cru que Twitter avait enfin trouvé un modèle économique susceptible de lui rapporter du fric : des comptes premiums. Pour quelques dollars par an, vous deveniez une pseudo-VIP, avec des « suiveurs » attribués au hasard. Manque de pot, c’était une blague.

Mais ça n’est pas insensé. La célébrité fabriquée à partir de rien, si ce n’est un peu (ou beaucoup) d’argent, un sens aigu des relations publiques, et l’utilisation massive de réseaux sociaux en ligne est à la mode — demandez à Julia Allison. Et Jason Calacanis vient d’offrir un demi-million de dollars à Twitter pour figurer à vie dans leurs suggested users (ils n’ont pas encore accepté). Sans doute pour pouvoir ensuite spammer ses suiveurs avec des invitations à des bêtas privées, ou recommander des services ou produits qui le paieront pour la pub.

Le chantage de Lockheed Martin

Le F-22 est un très bel avion. Furtif et capable d’atteindre 1,7 fois la vitesse du son sans afterburners, il est la fierté de ses parents Lockheed Martin et Boeing, et le fleuron de l’U.S. Air Force.

Le problème, c’est que le Raptor a été conçu dans les années 90, pour remplacer le F-15 vieillissant et comme réponse à la dernière génération de chasseurs MiG et Sukhoi russes, et en passant pour concurrencer l’alors hypothétique Eurofighter Typhoon. C’est un avion superbement adapté pour une guerre conventionnelle, et personne n’ose avancer qu’un F-22 serait véritablement menacé par un Su-30, un Rafale ou un Typhoon — les pilotes des avions ennemis ne verraient vraisemblablement jamais apparaître le chasseur américain sur leur radar au moment où ils seraient abattus par un missile lancé à partir d’une de ses baies amovibles.

F-22

Beau comme un oiseau de proie et ayant obtenu un rôle vedette dans le divertissement simplet Transformers du toujours très patriotique réalisateur Michael Bay, le Raptor coûte cher. Il ne s’agit pas tant du prix de l’avion (quelque 140 millions de dollars pièce), mais de la maintenance du projet, dont le coût a explosé le budget initial. Lorsque le gouvernement Obama a passé en revue les différents programmes militaires et leur coût, le F-22 a fait tache, d’autant qu’il n’est pas adapté aux missions que les forces armées américaines ont effectué au cours de la dernière décennie. Il n’a pas été utilisé une seule fois en Iraq ou Afghanistan (le secrétaire de la Défense Robert Gates déclarait même l’année dernière que le F-22 n’avait aucun rôle à y jouer), et la vente d’appareils au Japon, qui aurait pu sauver l’engin, semble être tombée à l’eau. La plupart des quelques douzaines de Raptors en service sont basées aux États-Unis, ou participent à des exercices dans le Pacifique nord basés pour la plupart sur des scénarios où Kim Jong-Il pète un plomb.

La menace d’une annulation du programme F-22 fait évidemment grincer des dents chez Lockheed, pour qui le Raptor représente plusieurs milliers d’emplois, sans compter le travail qu’il fournit à travers plus de quarante états parmi des milliers de sous-traitants. Au total, Lockheed (qui possède un centre à Sunnyvale) et ses lobbyistes soutiennent que quelques 95 000 emplois seraient mis en péril si jamais l’avion était enterré — un chiffre qui semble largement gonflé aux critiques du programme.


Ça n’est donc pas un hasard si Lockheed Martin nous assène ces temps-ci sur la télé américaine, notamment sur les chaînes d’information continue du câble, des publicités vantant ses prouesses, et plus particulièrement celles du F-22, proclamant : « America’s air dominance for the next 40 years is assured » (« La dominance aérienne américaine est assurée pour les 40 prochaines années »).

Le sous-entendu est évident : si vous arrêtez de commander des F-22, les soldats américains seront désormais à la merci des avions ou missiles ennemis. Peu importe si cela n’est pas arrivé depuis plusieurs décennies, et si tous les experts ès guéguerre pensent que les conflits futurs ressembleront beaucoup à ceux dans lesquels sont actuellement enlisées les troupes américaines et otaniennes dans le Proche Orient. Instiller la peur parmi le bon peuple que ses soldats pourraient être menacés (ça marche aussi chez les Français, il suffit de voir comment une embuscade ayant coûté la vie à dix soldats à suffi à convaincre l’opinion publique qu’il fallait se retirer de l’Afghanistan) est un bon vieux truc dont le gouvernement Bush a habilement abusé pour justifier toutes sortes de mesures douteuses.

Les grosses ficelles de Lockheed et l’argument des emplois perdus risquent cependant de ne pas peser suffisamment lourd face aux coupes budgétaires que le gouvernement Obama compte bien implémenter. Le bon peuple américain a beau aimer ces beaux avions qui incarnent superbement la supériorité militaire de leur pays, ils placent désormais la crise financière au-dessus de tous les autres problèmes, y compris les guerres en Iraq et en Afghanistan.

Mes fausses miniatures

C’est l’un des derniers memes faisant fureur sur le Web, et j’y ai succombé. La technique du tiltshifting consiste à jouer avec la profondeur de champ et, dans certains cas, donne l’illusion d’une maquette à un paysage naturel. L’effet nécessite normalement un objectif particulier, mais des petits malins ont mis sur pied tiltshiftmaker, qui permet d’ajouter un flou gaussien à une photographie téléchargée, créant un effet similaire.

Ci-dessous deux photos que j’avais prises lors du passage par ferry entre San Francisco et Tiburon en mars 2007, dans leur version originale, et dans leur version « tiltshiftée », pour simuler une maquette.

SF
SF

Alcatraz
Alcatraz

J’ai craqué

… et j’ai enfin ouvert un profil sur Fesse-bouc.

Bah oui, je sais. J’avais résisté jusqu’à récemment, puisqu’après tout j’étais déjà sur LinkedIn, un outil à la vocation plus professionnelle. J’étais sans doute un peu blasé, me rappelant les échecs de Friendster et d’Orkut, qui sont certes des communautés très populaires respectivement aux Philippines et au Brésil, et où j’ai récemment supprimé mon profil, qui n’avait pas été mis à jour depuis des années.

Mais il y a quelques jours, j’ai reçu une invitation pour Facebook d’une connaissance remontant à plus de vingt ans. Alors j’ai craqué. J’ai créé mon profil, invité mes potes, et voilà, j’ai rejoins la communauté des gaspilleurs de productivité.

Scoop : une Tesla à deux roues

Les véhicules électriques sont une vieille passion à moi. Quand j’aurais un peu de temps et quelques milliers de dollars à dépenser, je compte bien convertir un chassis en bolide survolté, de préférence une Porsche 914 ou une Volkswagen Karmann-Ghia. Ou, tant qu’à faire, une réplique en fibre de carbone d’une Porsche 356 ou 550.

Maintenant que Tesla a livré ses premiers modèles (commandés plus d’un an à l’avance par l’élite californienne, de Larry Page et Sergey Brin de Google à George Clooney, en passant par Ahnold lui-même), on attend des véhicules plus abordables signés General Motors ou Nissan/Renault. Mais un ex-employé du constructeur de San Carlos a déjà fondé sa propre start-up — pour l’instant en mode furtif (c’est-à-dire au stade de pré-financement) — et a pondu un prototype à deux-roues.

Et tant qu’à construire une machine électrique à partir d’une moto, autant le faire avec une qui ait de la gueule, pour paraphraser le professeur Emmet Brown.

Une Ducati 900ss au pignon arrière surdimensionné a été aperçue ce weekend près de chez Alice, le rendez-vous des motards de Silicon Valley. Elle est particulièrement silencieuse, et pour cause : elle est 100% électrique. Comme les autres véhicules utilisant cette technologie, elle n’utilise pas d’embrayage, et l’accélération est linéaire. La machine atteint les 100 miles à l’heure (160 km/h), et l’autonomie est d’après son créateur de l’ordre de 80 miles (130 km), mais l’objectif est de doubler cette dernière. La moto se charge en 6 à 8 heures sur du 120 volts domestique, ou en moins de deux heures sur du 240 v.

Il ne s’agit pas de la première moto électrique — les premiers prototypes ont été construits il y a plusieurs décennies. Et il existe plusieurs start-ups travaillant et même commercialisant de telles machines, notamment l’utra-légère Enertia de Brammo, ou la motocross Zero X, conçu à Santa Cruz.

Mais une sportive électrique aux lignes élégantes, c’est unique. Voilà un bolide qui pourrait vous dépasser sur I-280 sans se faire annoncer par son moteur. Surveillez les rétroviseurs de votre Prius.

Gadget : Contech ScareCrow

ScareCrow
ScareCrow
Contech.

Entre 59 et 89 dollars US.
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Vivre dans un coin de campagne est un privilège. Je peux prendre mon café dans mon jardin, observer les oiseaux-mouches butiner mes fleurs, les écureuils grimper aux arbres et… les chevreuils bouffer mes plants de tomates.

Les cervidés sont si nombreux dans la région qu’on est quasiment assuré d’en croiser au moins un exemplaire à chaque balade. Les accidents sont nombreux, et la chasse à l’animal est populaire. Après un an à vivre dans les boonies du comté de Lake, mon enthousiasme pour la grâce de ces animaux a été remplacé par un brin d’exaspération, notamment après avoir manqué d’en percuter plus d’un en voiture ou à moto, mais surtout après avoir trouvé à plusieurs reprises mon potager ravagé par un chevreuil gourmand au petit matin.

L’installation d’un treillis sommaire et de grillage improvisé autour de mes tomates n’a pas suffi à décourager les animaux. Après avoir consulté une amie du coin qui cultive le fruit depuis plusieurs années, une solution s’est imposée : un arroseur activé par la détection de mouvement.

Le ScareCrow est le produit leader dans cette niche très particulière. L’engin, fabriqué par la société canadienne Contech, combine deux technologies qui ne sont pas nouvelles : l’arroseur de jardin et le détecteur de mouvement. Alimenté côté électricité par une pile de 9 volts et côté eau par un simple tuyau d’arrosage, le ScareCrow arrose une zone prédéteminée lorsque son capteur à infrarouge passif détecte un intrus.

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Sans les mains

Parrot
La loi contre l’utilisation du téléphone mobile pendant la conduite entre en vigueur demain en Californie. Les entreprises spécialisées se frottent les mains.

Des affiches mystérieuses sont apparues sur les murs californiens depuis un peu plus d’une semaine : Vote Parrot Not Quail, ou en français : votez perroquet, pas perdrix. Le California Quail, ou colin de Californie (Callipepla californica pour les scientifiques), est l’oiseau de l’état. Il est courant dans les campagnes (quoiqu’en déclin dans les zones suburbaines), très facilement reconnaissable à sa huppette plumée, et traverse les routes avec une démarche un peu ridicule.

77 années sans résultats, proclame l’affiche. C’est vrai, la perdrix californienne n’a pas fait grand chose pour le bon peuple de l’état, à part provoquer des accidents de la route. Mais pourquoi la remplacer par le perroquet ?

L’URL indiqué sur la deuxième série d’affiches renvoit à un site dans la tradition électorale américaine demandant le remplacement de l’oiseau imbécile.

Il s’agit en fait d’une campagne publicitaire habile de la société française Parrot, spécialisée dans l’électronique nomade. La loi interdisant l’utilisation de téléphones mobiles pendant la conduite d’un véhicule entre en vigueur le 1er juillet. Voilà une bonne occasion pour Parrot de vanter ses kits mains libres Bluetooth.

Le site US d’Air France n’est pas compatible Safari

flamingos
Le safari façon Air France : les utilisateurs de Mac resteront au sol.
Photo : Andreu Anguera. Tous droits réservés.

Si, si, vous avez bien lu. Plus exactement, les utilisateurs de Safari ne peuvent pas compléter l’achat de billets sur le site américain d’Air France, celui que nous, pauvres expatriés ou résidents américains, devons utiliser.

Aucun avertissement préalable ne figure sur le site pour prévenir les passagers du problème, qui s’y voient confrontés inexplicablement au stade final de la réservation, après avoir choisi leur vol, saisi leurs informations personnelles, sélectionné leurs sièges et rempli les informations concernant leur carte bancaire. Le clic sur le bouton Confirm your purchase reste inopérant. S’agit-il d’un problème logiciel côté serveur lié au chiffrement utilisé par le navigateur Web ? Peu importe : toutes les autres compagnies aériennes majeures (et l’immense majorité des plus petites) ont des sites compatibles Safari.

Le problème est connu chez le support technique d’Air France, mais persiste depuis plusieurs mois. Le premier représentant auquel j’ai parlé ignorait la date à laquelle cette lacune pourrait être réparée. Un autre, contacté un peu plus tard, m’a parlé de « la fin de l’été ». Les appels des utilisateurs de Mac débordent le centre d’appel nord-américain de la compagnie aérienne française, dont les agents du support technique téléphonique sont obligés de compléter la réservation et le paiement manuellement par téléphone avec les clients.

Alors certes, Harris Interactive conduit depuis peu un sondage en ligne des utilisateurs volontaires du site d’Air France (qui a besoin d’une sacrée mise à jour), mais pas besoin d’être un expert en marketing ou ergonomie Web pour comprendre qu’il s’agit là d’un problème sérieux qui doit être réparé immédiatement.

Karen Gillo, la représentante US du service de presse d’Air France, n’était pas au courant du problème lorsque je l’ai appelée.

Air France a déjà quelques problèmes de taille en matière de service clientèle. La compagnie a par exemple une politique particulière en matière d’appel : si vous être maintenu en attente plus de 30 minutes, vous serez automatiquement déconnecté. Si, si.

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