Boutique : Cask

Cask
Whiskies à gogo. Photo : Arnaud H.

Il manquait depuis longtemps un bon magasin de spiritueux à San Francisco, à la hauteur de la réputation (usurpée ?) que la ville a parmi la communauté mixologiste. Il existe certes de bonnes adresses comme l’excellent John Walker, D&M Wine & Liquors ou K&L, mais leur inventaire est plutôt conventionnel. Les proprios du bar branchouille speakeasy Bourbon & Branch ont ouvert fin 2008 un magasin sur Third Street et Market à San Francisco que les amateurs de whisky se doivent de visiter (il ont depuis aussi ouvert dans le FiDi un autre bar, Rickhouse). Si vous pensez comme certains qu’il n’y a rien d’autre à explorer après avoir goûté le Johnny Walker Blue Label, allez faire un tour à Cask — vous changerez sûrement d’avis.

L’inventaire est certes limité. Il ne s’agit pas d’un temple érigé au whisky visant l’exhaustivité, mais d’une sélection de très bon goût de scotches de petites distilleries et d’embouteilleurs indépendants, des whiskies irlandais, canadiens ou américains, et des bourbons d’origines diverses. On y trouve le Glenmorangie Nectar d’Or, du single malt Michael Collins, de l’Eagle Rare, mais aussi du bas-armagnac de tous âges, des bourbons rares ou inédits en Californie (comme le Hudson Baby Bourbon produit à partir de maïs new-yorkais), et des brandies et eaux-de-vie en tous genres.

Le magasin possède aussi une sélection de sakés, d’apéritifs divers et d’autres spiritueux et liqueurs pour toutes sortes de cocktails (du vermouth de Chambéry Dolin, difficile à dénicher en Californie, ou les amers Scrappy’s), ainsi que quelques douzaines de vins et champagnes pour différents budgets. Lors de mes dernières visites, j’y ai trouvé une crème de violette autrichienne et l’absinthe rare de Germain-Robin. Les mixologistes apprécieront aussi la sélection d’accessoires de bar (qui font aussi de bonnes idées cadeaux).

Les propriétaires ont dû écouter les critiques et semblent avoir engagé du personnel compétent. À ma première visite il y a environ un an, les vendeurs semblaient ignorer ce qu’était un cocktail Aviation. Mais à ma dernière visite, la sympathique Amanda m’a promis qu’elle allait voir si elle pourrait se procurer une absinthe que j’ai du mal à trouver en magasin, et je sais que je peux compter sur elle pour obtenir une bouteille du rare whiskey de seigle distillé par Anchor à San Francisco.

Cask Spirits, 17 3rd Street, San Francisco, CA. (415) 424-4844.
Ouvert du lundi au samedi de 11 heures à 19 heures.

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Gadget : Netflix pour Wii

Pour ceux qui ne vivent pas aux États-Unis, ou pour ceux qui vivent dans une caverne, Netflix est un service de location de DVD par correspondance. Un abonnement mensuel permet de sélectionner les titres qui seront envoyés par courrier (généralement sous 48 heures, dans mon cas sous un jour ouvré), que l’abonné renvoie ensuite dans l’enveloppe fournie à l’expédition. Plusieurs niveaux d’abonnement existent, correspondant au nombre de DVD qui peuvent être commandés simultanément. Le service a été maintes fois imité aux États-Unis comme à l’étranger. Dans son pays d’origine, il a écrasé le service concurrent de Walmart, et domine celui de Blockbuster. Gamespy a émulé le modèle pour proposer un service similaire louant des jeux vidéos, et l’industrie du porno s’y est également mise.

Netflix, fondé en 1999, a rapidement compris que les DVD et les disques Blu-Ray étaient un média voué à la disparition. Au cours des dernières années, l’entreprise a développé un service de diffusion en ligne, accessible d’abord à partir d’un lecteur fabriqué par le Coréen Roku, puis par de nombreux lecteurs de BluRay et magnétoscopes numériques. Le service est devenu disponible aux utilisateurs de XBox 360 en août dernier, et, il y a quelques mois, Netflix a annoncé la disponibilité prochaine du service sur Wii.

Hier, le DVD (que j’avais demandé lors de l’annonce) est arrivé dans ma boîte à lettres. Une fois inséré dans la console, une mise à jour logicielle de la Wii est nécessaire. Un code d’activation apparaît ensuite sur l’écran, que l’abonné Netflix a juste à saisir sur le site du service de location. De là, il ne faut que quelques instants à la Wii pour afficher la queue des titres sélectionnés par l’utilisateur.

L’interface est bien plus élégante et agréable que celle du lecteur Roku. Contrairement à ce dernier lecteur, cependant, la Wii ne possède pas de sortie HDMI, interdisant donc la sortie en haute définition. Mais bon, pour ceux ayant déjà une Wii, un abonnement Netflix et une connexion à haut débit, cette fonctionnalité ne coûte rien. Dans mon cas, elle va me permettre de déplacer le lecteur Roku vers la chambre, où ce dernier va faire sérieusement concurrence à l’AppleTV, un appareil malheureusement cruellement sous-équipé pour la diffusion de vidéo en continu.

Avantages :
• Une console Wii permet désormais d’accéder à la bibliothèque Instant Streaming de Netflix — gratuitement pour les abonnés Netflix existants possédant une connexion à haut débit.
• Interface agréable et facile à explorer.
• Accès aux rubriques nouveautés et genres avec possibilité d’ajouter des titres directement à la queue.

Inconvénients :
• Le DVD logiciel Netflix doit être inséré dans la Wii afin d’accéder au service de Netflix (MISE À JOUR : ce n’est désormais plus le cas).
• Sortie vidéo RCA ou composite, donc pas de haute définition.
• Nécessite naturellement une télécommande Wii dont la portée est généralement moindre que celle d’une télécommande traditionnelle.

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Recensement 2010

Recensement
Le recensement 2010 est arrivé. Photo : Arnaud H.

Comme prévu, le formulaire du Census fédéral 2010 est arrivé dans le courrier aujourd’hui. 10 questions — bien plus court que les précédents : nombre de personnes vivant dans le foyer, type de résidence (propriété ou location), nom, âge et date de naissance, ethnicité et race. C’est tout.

La question sur la race a été légèrement modifiée par rapport au dernier census : en plus de la désignation « Black » et « African American », la mention « Negro » a été rajoutée. L’annonce de cette modification avait soulevé une légère polémique il y a quelques mois, scandalisant certains qui l’avaient qualifiée de raciste. L’administration avait répondu que la raison derrière cette inclusion est le fait que lors du dernier census, plusieurs dizaines de milliers de sondés avaient eux-mêmes inscrits « Negro ». Le terme, désormais souvent connoté, reste en effet acceptable chez certains anciens, mais curieusement, 45% de ceux qui l’avaient inscrits avaient mois de 45 ans. Il existe il est vrai un mouvement visant à revendiquer le terme afin de le détourner de sa connotation négative.

Comme dans le Census 2000, ethnicité et race sont deux questions différentes : le paragraphe 8 pose la question « La personne X est-elle hispanique, latino ou d’origine espagnole ? » (Si oui, le sondé peut choisir entre « Mexicain, Mexicain-américain, Chicano », « Porto-ricain », « Cubain », ou inscrire une autre désignation), et la question 9 porte sur la race au sens typiquement américain, permettant de cocher une ou plusieurs cases parmi « White », « Black, African Am., or Negro », « American Indian or Alaska Native » (auquel cas le nom de la tribu principale doit être inscrit), « Asian Indian », « Japanese », « Native Hawaiian », et 7 autres désignations. Le sondé peut même inscrire une autre définition s’il juge que sa « race » n’est pas représentée.

L’administration américaine du Census a même indiqué l’année dernière que les couples de même sexe seraient recensés, une nouveauté puisque le mariage homosexuel n’est pas reconnu au niveau fédéral (un léger casse-tête pour la déclaration des impôts). Les couples peuvent donc cocher « Husband or wife » (puisqu’après tout, le mariage gay est reconnu dans cinq états, le District de Columbia, et plusieurs milliers de couples californiens sont toujours légalement mariés aux yeux de leur état) ou « Unmarried partner ».

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Cochon du soir, espoir

Terre retournée
Le lendemain d’une grosse teuf entre cochons. Photo : Arnaud H.

Ma douce se moque gentiment de moi ces temps-ci, car j’ai une nouvelle obsession. Il y a un mois environ, un soir — il devait être 23 heures, dans ces eaux-là — j’emporte le sac d’ordures de la cuisine pour le balancer dans la poubelle, près de la route. Il fait noir, et le temps est couvert. J’ai oublié d’emporter la lampe torche, et je n’y vois pas grand chose, me guidant au pif.

J’entends alors des bruits bizarres, inédits, provenant de la noyeraie. Des gros craquements. Des gémissements clairement inhumains. Je pense immédiatement à des chevreuils, mais ceux-là sont trop bruyants. Et il doit en avoir une bonne douzaine. Impossible. Ils auraient déjà décampé de toutes façons, je suis seulement à quelques pas. Ratons-laveurs ? Ils voyagent en famille, mais ils ne font pas ce genre de bruit. Mon imagination travaille vite. Un puma dévorant un chevreuil ? Clairement, je fantasme. Mais bon, ça arrive dans notre coin, donc qui sait ?

J’ai un peu les jetons. Le bruit est constant, proche — clairement à seulement vingt mètres — et il s’agit de plusieurs animaux. Après près d’une minute, je finis par associer l’activité que j’entends au bon animal : le cochon sauvage. Mes yeux s’habituent à l’obscurité et j’arrive à distinguer dix, vingt, peut-être deux douzaines de cochons. Bien sûr : les cochons adorent bouffer des glands, mais j’imagine que mes noix doivent être encore plus savoureuses (j’en vois qui ricanent dans le fond). J’observe quelques adultes qui doivent bien peser deux cents livres facile, mais aussi des cochonnets de la taille d’un gros gigot.

Je reste là, fasciné, à guetter la horde porcine labourer le verger et croquer des noix, et comme dans un cartoon de Tex Avery, je ne vois plus que des jambons, des côtelettes et de généreuses tranches de bacon.

J’en entends parmi vous un rien confus. Des cochons sauvages ? Il veut dire des sangliers, non ? Bah non. Voyez-vous, les Espagnols ont les premiers introduit les cochons domestiques dans le sud-ouest américains. Et rapidement, certains d’entre eux se sont fait la malle dans la nature. Ils se multiplient rapidement, pouvant tripler leur population d’une année à l’autre. Après des siècles de fornication au grand air, ils arborent généralement des taches ou des striages variés, un peu comme les chats de gouttière, en plus goûteux évidemment. Et sans prédateurs naturels, ils peuvent joyeusement gambader, de préférence la nuit, laissant derrière eux terre retournée et jardins ravagés. Ils sont même soupçonnés d’être les coupables de plusieurs contaminations de E. coli. Du coup, l’état de Californie permet la chasse aux cochons toute l’année afin d’en contrôler la population.

Une semaine plus tard, au retour d’un week-end à la neige de Tahoe, ma douce et moi surprenons un autre troupeau de porcs dans le verger. Je m’amuse à faire un safari au ralenti dans le verger avec la Jeep, et les bêtes s’enfuient vers les bois, les cochonnets trottant le long des mamans filant à une vitesse qui force le respect au vu de leur médiocre aérodynamisme.

Au cours du dernier mois, je les ai observés au moins deux fois encore, généralement entre 22 h et minuit. J’ai même tenté de prendre des photos, mais mon flash n’a qu’une portée limitée, et tout ce que j’ai pu obtenir est une série de clichés de noyers façon Blair Witch Project, mais pas de porcins en vue. Mon fermier de voisin ne les apprécie guère, et leur a décoché du plomb en guise d’avertissement il y a une semaine ou deux.

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AOS

2:05 pm. C’est l’heure à laquelle nous devons nous rendre au 630 Sansome Street, deuxième étage, bureau des ajustements de statut.

Je suis nerveux. J’ai une serviette pleine de documents originaux et photocopiés. Au matin je suis allé à la banque récupérer ma carte de Social Security dans mon coffre histoire de compléter le tout. J’ai aussi apporté mon dossier immigration, contenant des documents remontant à 1987, la date de mon premier séjour aux États-Unis. Nous somme une heure en avance et nous n’avons pas déjeuné. Ma douce et moi obliquons donc pour le Café Zoetrope de Coppola, où la bouffe se révèle très bonne. J’ai malgré tout du mal à avaler mes pâtes, mais j’ai commandé un verre de chardonnay Diamond, histoire de me donner un peu de liquid courage.

Je n’ai que rarement été aussi anxieux. Les entretiens d’embauche ne m’ont jamais vraiment impressionnés, sans doute parce que je pars du principe que je suis un bon candidat, et si je ne suis pas embauché, c’est soit que mon profil ne correspond pas à celui recherché, soit parce que le recruteur est un con incapable de reconnaître mon talent. Et personne n’a envie de travailler pour un con.

Mais là, je n’ai pas d’autre option. C’est la dernière étape avant la carte verte. Mon avocate m’a pourtant prévenu : « Vous êtes un vrai couple et ça se voit ». Mais je continue à récapituler mentalement les documents que j’ai compilés, espérant ne rien avoir oublié.

C’est l’heure. Nous faisons mettre en boîte nos restes et payons l’addition. Dans la voiture garée sur Sansome, nous stockons notre bouffe, iPod et téléphones mobiles, et, après avoir nourri l’un de ces parcmètres gourmands du Financial District, nous nous dirigeons vers le 630 Sansome Street. La porte principale de l’immeuble porte l’inscription obscure United States Appraisers Building, ne laissant absolument pas deviner qu’il héberge notamment la Sécurité intérieure à San Francisco. Le bâtiment d’origine survécut le séisme de 1906, mais fut immédiatement menacé par l’incendie qui lui succéda. Le 19 avril, l’US Army arrive, avec pour ordre de dynamiter l’immeuble adjacent, un dépôt de whiskey, afin de protéger le building fédéral. Le propriétaire arrive cependant à convaincre l’officier qu’il serait une très mauvaise idée de faire exploser un bâtiment contenant des centaines d’hectolitres d’alcool, et les soldats se voient chargés d’évacuer les tonneaux, avec pour ordres de tirer pour tuer si des pilleurs tentent de voler le whiskey. Bref, l’immeuble fédéral sera donc épargné, et le dépôt de booze sera sauvé des flammes grâce à l’eau des égoûts.

Mais je m’égare. Le bâtiment moderne porte au-dessus de sa porte l’un de ces aigles de granit stylisés. Il est sans doute censé représenter l’autorité du gouvernement fédéral, mais il a juste l’air de s’emmerder sec dans cette rue venteuse du FiDi.

Dans le lobby, contrôle de sécurité standard, puis ascenseur pour le deuxième étage. Je donne mon formulaire de convocation à la réceptionniste. Nous n’attendons que dix minutes.

L’officier, courtois, la trentaine et que j’imagine sympa lorsqu’il ne travaille pas, nous introduit dans son bureau. Son nom est inscrit sur une plaque portant le sceau du U.S. Department of Homeland Security. Un poster de motivation est encadré sur le mur. C’est un aigle royal — encore lui — en vol, avec le slogan : Excellence.

L’officier nous demande de rester debout, et de lever la main droite afin de prêter serment. Une fois assis, je présente les documents d’identité et d’immigration, et je dois ensuite répondre à une série de questions, que l’officier coche au fur et à mesure que je confirme que non, je n’ai jamais été arrêté. Non, je ne compte pas me lancer dans le trafic de drogue. Non, je ne compte pas faire de l’espionnage.

Le jeu commence. L’officier nous pose donc les questions suivantes parmi les exemples fournis par mon avocate. À moi : 2, 5, 11, 12, 14, 18, 28. À ma douce : 13/16, 15, 17, 22, 24. Et quelques autres. Il note soigneusement absolument tout ce que nous lui disons.

Il me demande ensuite si nous avons des photos. J’en ai fait imprimer une quinzaine. À tour de rôle, il nous questionne sur les lieux et personnes figurant sur les photos. Il y a le mariage évidemment, un voyage à Tahoe il y a quelques semaines, la Nouvelle-Orléans, la Floride, l’Espagne, et une photo de nous deux dans l’île des Cygnes avec la tour Eiffel derrière nous. « D’habitude il y a un casino à côté », plaisante-t-il. J’avais raison. Il est sympa.

Coups de tampons. À ce stade, le changement de statut devrait être approuvé, et ma carte verte dans ma boîte à lettres sous 30 jours. Seulement manque de pot, la pétition faite par mon ancien employeur aurait dû arriver au bureau de San Francisco, mais est toujours quelque part dans un centre du Nebraska, ou en transit sur un Interstate du Midwest ou des Rocheuses. Bah oui, l’informatisation des services d’immigration américains reste toujours minimale. Les dossiers continuent à être transportés d’un centre à l’autre par camion. Les choses ne changeront sûrement pas avant un moment, car après tout, il s’agit d’une administration gérant des individus qui sont souvent des contribuables, mais qui ne peuvent pas voter.

Mon statut de résident permanent ne peut donc pas être approuvé tant que l’autre dossier, pourtant désormais caduque, n’est pas clôturé. Je vais donc devoir attendre quelques mois supplémentaires. Heureusement cependant, je possède déjà des permis de travail et de voyage. L’entretien se termine sur une note plutôt anticlimactic, comme le remarque ma douce. Mais au moins, je suis soulagé. L’Oncle Sam et son aigle domestique ont reconnu notre couple.

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The Newlywed Game

Le texte suivant (traduit par mes soins) m’a été fourni par mon avocat. Il s’agit d’exemples de questions entendues lors d’un entretien avec les services d’immigration pour un ajustement de statut via parrainage d’époux/épouse. Autrement dit, lorsqu’un étranger se marie à un citoyen américain et postule à la résidence permanente (c’est-à-dire une « carte verte ») parrainé par le citoyen américain, c’est le type de questions qui seront posées au couple.

1. Quelle est la date de naissance de votre époux/épouse ?
2. Quel est le nom des parents de votre époux/épouse ?
3. Où habitent les parents de votre époux/épouse (ville/pays) ?
4. Quel est le middle name (second prénom) de votre époux/épouse (s’il existe) ?
5. Quelle est l’adresse de votre domicile et qui vit à cette adresse ?
6. Combien de chambres à coucher y a-t-il dans votre maison ?
7. Quel est le montant de votre loyer (en cas de location) ?
8. Qui paie le loyer ? À partir de quel compte en banque ?
9. Quel est le numéro de téléphone de votre domicile (si vous en avez un) ?
10. Quel est le numéro de mobile de votre époux/épouse ?
11. Depuis combien de temps vivez-vous avec votre époux/épouse ?
12. Où avez-vous rencontré votre époux/épouse pour la première fois ?
13. Après votre rencontre, comment a commencé votre liasion ? Êtes-vous sorti ensemble immédiatement ?
14. Quelle est la date de votre mariage ?
15. Où vous êtes-vous mariés ?
16. Pendant combien de temps êtes-vous sortis ensemble avec de vous marier ?
17. Comment vous ou votre époux/épouse avez-vous demandé l’autre en mariage ? Y avait-il une bague de fiançailles ?
18. Avez-vous rencontré vos beaux-parents respectifs ? (Si ça n’est pas le cas, vous devrez expliquer pourquoi.)
19. Si vous n’avez pas rencontré vos beaux-parents, avez-vous parlé avec eux ? À quelle fréquence ?
20. Quand avez-vous parlé avec les parents de votre époux/épouse pour la dernière fois ?
21. Si vous les avez rencontrés, quand les avez-vous vus pour la dernière fois ?
22. Gros mariage ? Mariage intime ? Combien d’invités ? Qui ?
23. Si vos parents n’étaient pas au mariage, expliquez pourquoi.
24. Avez-vous eu un voyage de noces ? Où ? Combien de temps ?
25. Avez-vous voyagé ensemble ?
26. Votre époux/épouse a-t-il/elle des frères et sœurs ? Quel est leur nom ? Où habitent-ils ? Les avez-vous rencontrés ?
27. Si vous ou votre époux/épouse ont des enfants, quel est leur nom ? Leur âge ? Où habitent-ils et où vont-ils à l’école ?
28. Portez-vous une alliance ? Où avez-vous acheté les alliances ? Les avez-vous achetées ensemble ou séparément ?
29. Qu’avez-vous en commun avec votre époux/épouse ? Comment passez-vous votre temps libre ensemble ? Avez-vous des passe-temps communs ?
30. Quel type de cuisine mangez-vous ? Avez-vous un restaurant préféré ?
31. Pourquoi avez-vous décidé de vous marier ?
32. Pourquoi aimez-vous votre époux/épouse ? Décrivez les qualités que vous aimez ou admirer chez lui/elle.
33. Si vous avez été marié auparavant, préparez-vous à expliquer pourquoi le mariage n’a pas duré, combien de temps vous étiez marié, etc.
34. S’il y a un co-parrain dans la demande, quel est son nom, comment le/la connaissez-vous et quelle est sa profession ? Où habite-t-il/elle ?
35. Comment avez-vous fêté votre dernier anniversaire ou celui de votre épouse ?
36. Comment avez-vous fêté votre anniversaire de mariage ? La Saint-Valentin ? Hanoucca/Noël ? Thanksgiving ?

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Latte & Beretta

PM9
Bien accompagné. Photo : Arnaud H.

Mardi fut une date historique pour une certaine classe d’Américains. Dans la région de la Baie de San Francisco, elle existe bel et bien, mais elle est relativement sous-représentée : les propriétaires d’armes à feu. Plus exactement, la catégorie militante de ceux qui se voient comme les défenseurs du Deuxième amendement. L’événement est passé plutôt inaperçu dans les grands médias car la Cour n’a pas fourni l’enregistrement de l’audience le même jour, et la décision ne sera pas rendue avant plusieurs mois. Mais pour les militants du droit aux armes, c’est une date qu’ils attendaient depuis très longtemps.

2008 fut déjà un tournant. Lors de sa décision sur le procès District of Columbia v. Heller (PDF), la Cour suprême des États-Unis affirma par un vote de 5 contre 4 que le Deuxième amendement, sans doute le paragraphe le plus grammaticalement ambigu de la constitution américaine, est bien un droit individuel. L’opinion majoritaire fut rédigée par le très conservateur Antonin Scalia, qui en plus d’être un originaliste (c’est-à-dire prônant une interprétation strictement littérale des textes fondateurs) est aussi un chasseur passionné (Dick Cheney l’invita même à tirer les canards lors d’un voyage controversé dans le Sud).

La décision Heller eut une conséquence immédiate : la prohibition sur la possession d’armes de poing dans le District de Columbia fut levée. Mais les Justices se gardèrent bien de préciser si le droit de garder et porter les armes était applicable dans le reste du pays. Washington, D.C. est une chose : le carré est sous la juridiction du gouvernement fédéral qui y est basé. Mais chaque état a son propre gouvernement et ses propres lois. Sur la question des armes à feu, elles varient considérablement de l’un à l’autre.

Dans certains états du Sud, des Rocheuses ou du Midwest, il n’est pas rare dans certaines localités rurales de voir quelqu’un porter un revolver à sa ceinture, ou un fusil accroché à l’arrière de la cabine d’un pickup. Mais certaines juridictions du pays sont beaucoup plus strictes. La Californie est sans doute l’état où les lois sur les armes à feu sont les plus restrictives. Et dans certaines villes, la possession d’armes de poing est carrément interdite. C’est le cas de New York, et, justement, de Chicago, d’où vient le procès que les juges de la Cour suprême entendirent mardi.

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Feu de tout bois

Fleurs
Le printemps se magne. Photo : Arnaud H.

Le chômage n’est pas mon truc. Passées deux semaines de glandouille à regarder la saison et demie de Lost que j’avais ratée, entre deux CV envoyés et un peu de bidouille en C, il faut bien s’occuper. En passant, si vous êtes développeur iPhone — même si vous commencez seulement sur iPhone ou avec l’Objective C — je suis intéressé, surtout si vous habitez San Francisco ou le nord de la Baie. J’ai un projet pour vous qui se révélera lucratif. Donc contactez-moi.

Pour m’occuper en attendant, heureusement, nous habitons à la campagne. Et dans une vieille ferme de pépiniériste, ce qui veut dire qu’il y a de quoi s’occuper. L’entretien de la propriété, en théorie, revient en général au propriétaire, le locataire étant tenu de faire le minimum. Dans notre cas cependant, le propriétaire ne nous fait payer qu’un loyer modeste, mais c’est à nous d’entretenir les lieux, mais il n’est pas très exigeant. Je ne vais donc pas m’en plaindre. Au contraire.

C’est la fin de l’hiver et ça signifie qu’il faut tailler arbustes, rosiers, et débroussailler autour de la maison pour réduire le danger d’incendie de forêt, une menace bien réelle dans notre coin — la maison est en haut d’une colline dont un versant est très boisé et où la végétation a repris le dessus au cours des dernières années. Je me suis donc donné comme objectif d’éclaircir la pente sur un rayon de vingt mètres autour de la maison, un travail difficile à cause de la raideur de la pente que la brouissaille a colonisée.

En mai dernier, lorsque nous avons trouvé cette maison, la région subissait une vague de froid sans précédent. Nous avons donc négocié avec le propriétaire l’installation d’un réservoir de propane pour le chauffage. Le système fait l’affaire, mais revient cher s’il reste en marche toute la journée. Après le choc de la première facture, nous avons donc arrêté de chauffer la maison la nuit et au milieu de la journée. Ces temps-ci, nous ne chauffions plus qu’au matin et au soir. Depuis hier, cependant, j’ai décidé de n’utiliser le propane qu’au lever, le temps de chauffer la maison à 68 degrés Fahrenheit (20 degrés). Après ça, plus de chauffage pendant la journée, même si la température tombe parfois à 55 degrés (10,5°C). On mettra une petite laine ou deux, et le soir, nous utiliserons le foyer à bois dans le living room. J’ai calculé qu’il me faudra consacrer environ une demi-heure chaque matin pour rassembler suffisamment de bois de chauffage pour chaque soirée. Il y a de quoi faire, surtout en cette saison où il faut élaguer et scier des branches mortes. Je n’ai pas de tronçonneuse, mais entre la hache et une égoïne, je m’en sors. Et ça compense pour le fait que je ne fréquente plus le gym, économies obligent.

Parce que l’air de rien, le bois de chauffage n’est pas donné. Les prix ont flambé au cours des dernières années, atteignant entre 200 et 300 dollars US la corde (soit 128 pieds cubiques, soit 3,62 stères, ou autant de mètres cubes, bande de citadins). J’ai donc amassé des branches et des bûches de bouleau, noyer, pin rouge, figuier, chêne américain, glycine, et même de vignes. Se chauffer au zinfandel en buvant du merlot, il n’y a rien de tel pour rester au chaud.

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Le Livre de Jobs

iPad
Idéal pour parcourir le Web dans les toilettes.
Photo : Apple.

L’iPad existe, Steve Jobs l’a dit. Et personnellement, je n’ai pas été déçu. Je ne vais pas faire semblant d’être modeste : toutes mes prévisions ont été réalisées. iPhone OS (optimisé bien sûr) et donc gestion des applications iPhone/iPod touch, Wi-Fi (le 3G est facultatif, avec un plan illimité pour $29.99 par mois via AT&T sans contrat, ce qui suggère une compatibilité future avec d’autres opérateurs — la gestion GSM à l’étranger est prévue pour juin), Safari, fonctionnalités avancées d’album photo, gestion optimisée des PDF, entrée et sortie audio, une section livres sur l’iTunes Store, et une version optimisée d’iWork. Il semblait logique également que la compatibilité Bluetooth permette la possibilité d’ajouter un clavier externe. Le prix semble également raisonnable, et il aurait été fou de proposer l’appareil à 999 dollars US comme le suggéraient certains. Apple veut faire un carton, par un appareil de luxe.

Pour la fonctionnalité e-reader, pas de grosse surprise non plus. Et on peut enterrer le Kindle — apprêtez-vous à en voir quelques dizaines débarquer sur eBay d’ici les mois qui viennent. Le format adopté par Apple permet une portabilité à partir d’autres plate-formes existantes, et l’iTunes Store a déjà des millions de fidèles. Malgré l’existence d’une application Kindle pour l’iPhone OS (qui devrait donc permettre le téléchargement et la lecture de titres Kindle sur l’iPad), c’est un coup dur pour Amazon, qui avec son lecteur électronique avait fait beaucoup de bruit. Certes, le Kindle reste moins cher. Mais le marchand va avoir du mal à affronter à la fois l’iPad et les produits concurrents qui sont en train de débarquer.

Je n’ai jamais cru à une caméra intégrée, principalement parce qu’il s’agit d’une fonctionnalité gourmande en énergie et encore timidement intégrée dans l’iPhone 3Gs, et que j’en vois peu d’applications hormis l’utilisation avec iChat A/V. Mais comme l’a précisé Jonathan Ive, l’iPad n’est pas là pour remplacer votre PC ou votre Mac. C’est un appareil complémentaire, permettant une interaction plus organique.

Grosse surprise en revanche sur le processeur, un A4 1 Ghz maison (nul doute le résultat de l’acquisition de PA Semiconductor). Un pas supplémentaire de la part de Cupertino vers l’indépendance au niveau du matériel.

La démonstration de la suite iWork d’Apple par Phil Schiller et celle du logiciel de création graphique Brushes par Steve Sprang n’étaient pas les moments les plus spectaculaires de la présentation. Mais leurs prestations ont révélé la véritable révolution que représente l’iPad en matière d »interface homme-machine. L’appareil exploite le multitouch de façon instinctive, changeant complètement notre relation avec le contenu numérique.

Les sceptiques vont continuer à railler l’appareil pendant des semaines, jusqu’à sa sortie, avançant que l’iPad ne fait rien que leur ordinateur portable ou leur iPhone ne fait pas déjà.

Comparer les fonctionnalités est une erreur. Il ne s’agit pas de savoir ce que peut faire l’iPad. Il s’agit de comprendre ce qu’un utilisateur peut faire avec.

Amazon et les fabricants des autres e-readers l’avaient compris : on peut lire un ebook sur un ordinateur, mais personne ne le fait. Pour lire un livre ou un manuel, il est préférable de le faire dans une position différente, et de pouvoir le feuilleter facilement. Le tri des photos est un autre exemple. iPhoto est un excellent logiciel, mais l’organisation des clichés reste laborieuse. Pouvoir organiser des tas de photos de façon tactile change complètement la donne. Pareil pour la création graphique, par exemple. Depuis des années, les graphistes et artistes utilisent des tablettes et stylos périphériques, reproduisant leurs mouvements à l’écran. L’iPad représente le dernier aboutissement d’une interface qui existe depuis longtemps, mais désormais entièrement intégrée et plus instinctive. Évidemment, Brushes n’est jamais qu’une version améliorée de MS Paint en multitouch. On ne va sûrement pas voir de chef-d’œuvre peint avec l’application dans un futur proche, mais l’appareil va changer de façon concrète la création numérique. Il ne va pas falloir attendre longtemps pour voir des applications dédiées qui vont exploiter les capacités de l’iPad de façon spectaculaire.

La suite iWork illustre également cette nouvelle approche, cette fois-ci pour la productivité. Apple a pris sont temps pour introduire le couper-coller et le copier-coller dans l’iPhone OS, mais c’est désormais un acquis. L’air de rien, se débarrasser du réflexe Cmd-X/Cmd-V au profit de quelques glissements de doigts semble logique. Nous sommes en 2010, et il n’y a pas de raison pour que John King soit le seul à bénéficier de ce genre d’interface.

J’arrête là ce billet, car je suis en train de virer en fanboy. Mais je suis prêt à parier que l’iPad va engendrer une évolution du même ordre que l’iPod. À partir de la fin mars, il va être désormais beaucoup plus pratique de lire la version Web du New York Times depuis les toilettes.

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Notes sur une tablette

Moïse
Le livre de Jobs.
Illustration : Gustave Doré, bande d’incultes.

Les rédacteurs en chef et blogueurs spécialisés attendent avec impatience le 27 janvier, une date qui est décrite du côté de Cupertino comme un séisme annoncé, et qui leur donnera l’occasion de titrer The Book of Jobs. Il s’agit sans doute de l’appareil le plus attendu depuis l’iPhone. Gawker est même prêt à payer au moins 10 000 dollars US pour une photo authentique de l’engin.

Apple a programmé un événement à San Francisco au Yerba Buena Center, à côté du Moscone Center où doit se dérouler la MacWorld Expo annuelle trois semaines plus tard. Certains prédisent déjà qu’il s’agira de la dernière présentation faite par Steve Jobs. L’objet qui doit y être annoncé, selon des rumeurs persistantes, est une tablette.

On ne sait pas grand chose de l’appareil en question. On parle d’écran de 8,5 à 10 pouces en diagonale. Il y a les déductions qui semblent couler de source : l’appareil serait tactile (et vraisemblablement multitouch), comme pour l’iPhone et l’iPod touch. Il va de soi qu’Apple vendrait du contenu lisible par le gadget via l’iTunes Store, tout comme Amazon permet aux utilisateurs de Kindle d’accéder à un magasin en ligne où acheter livres et abonnements à des journaux et magazines. Comme le Kindle, la tablette d’Apple aurait le wifi intégré, permettant d’accéder à l’iTunes Store. L’écran serait en couleur, contrairement au Kindle.

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