Booze ‘n’ Guns

DJ's
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Diamond Jim’s est un vieil établissement dans la ville de Ukiah, dans le comté voisin de Mendocino. Détruit par un incendie suspect il y a un an, le magasin a réouvert dans le bâtiment voisin il y a quelques mois.

Un prospectus a échoué dans la boîte aux lettres l’autre jour, dont les recto et verso confirment que l’enseigne reste fidèle à ses deux spécialités : armes à feu et spiritueux.

Only in America.

Latte & Beretta

PM9
Bien accompagné. Photo : Arnaud H.

Mardi fut une date historique pour une certaine classe d’Américains. Dans la région de la Baie de San Francisco, elle existe bel et bien, mais elle est relativement sous-représentée : les propriétaires d’armes à feu. Plus exactement, la catégorie militante de ceux qui se voient comme les défenseurs du Deuxième amendement. L’événement est passé plutôt inaperçu dans les grands médias car la Cour n’a pas fourni l’enregistrement de l’audience le même jour, et la décision ne sera pas rendue avant plusieurs mois. Mais pour les militants du droit aux armes, c’est une date qu’ils attendaient depuis très longtemps.

2008 fut déjà un tournant. Lors de sa décision sur le procès District of Columbia v. Heller (PDF), la Cour suprême des États-Unis affirma par un vote de 5 contre 4 que le Deuxième amendement, sans doute le paragraphe le plus grammaticalement ambigu de la constitution américaine, est bien un droit individuel. L’opinion majoritaire fut rédigée par le très conservateur Antonin Scalia, qui en plus d’être un originaliste (c’est-à-dire prônant une interprétation strictement littérale des textes fondateurs) est aussi un chasseur passionné (Dick Cheney l’invita même à tirer les canards lors d’un voyage controversé dans le Sud).

La décision Heller eut une conséquence immédiate : la prohibition sur la possession d’armes de poing dans le District de Columbia fut levée. Mais les Justices se gardèrent bien de préciser si le droit de garder et porter les armes était applicable dans le reste du pays. Washington, D.C. est une chose : le carré est sous la juridiction du gouvernement fédéral qui y est basé. Mais chaque état a son propre gouvernement et ses propres lois. Sur la question des armes à feu, elles varient considérablement de l’un à l’autre.

Dans certains états du Sud, des Rocheuses ou du Midwest, il n’est pas rare dans certaines localités rurales de voir quelqu’un porter un revolver à sa ceinture, ou un fusil accroché à l’arrière de la cabine d’un pickup. Mais certaines juridictions du pays sont beaucoup plus strictes. La Californie est sans doute l’état où les lois sur les armes à feu sont les plus restrictives. Et dans certaines villes, la possession d’armes de poing est carrément interdite. C’est le cas de New York, et, justement, de Chicago, d’où vient le procès que les juges de la Cour suprême entendirent mardi.

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