La peur

Mercredi soir, comme presque chaque semaine, je profite de mon trajet de Cupertino vers le comté de Lake (163 miles sans les détours, soit 262 kilomètres) pour faire quelques courses, histoire d’optimiser mon temps et ma consommation d’essence. J’ai besoin d’acheter quelques articles de bricolage au magasin Lowe’s de Cotati qui est sur ma route, juste au sud de Santa Rosa, dans le comté de Sonoma.

Je choisis en général les stations de self checkout (autopaiement ?) à Lowe’s ou Safeway, au risque de mettre progressivement au chômage davantage de caissiers et caissières. Pas à Home Depot, où les appareils lisant les codes-barres sont généralement foireux, quelque soit le magasin. Heureusement, tous les magasins utilisant la technologie continuent à poster un employé pour surveiller les quatre stations et aider les client du troisième âge à trouver les codes sur les ampoules à 100 watts qu’ils achètent pour la lampe sous laquelle ils découpent chaque soir leurs coupons du journal. Je modère mon sarcasme, car après tout je suis venu avec trois bons de réduction reçus dans le courrier, obtenus en prostituant une partie de mon information personnelle lorsque j’ai informé les services postaux de mon changement d’adresse le mois dernier.

Devant moi, un couple de retraités finit de mettre leurs marchandises dans des sacs, et le vieux se lance dans une tirade directement inspirée de la propagande infligée quotidiennement par les éditorialistes de Fox News et les commentateurs ultra-droitistes des grandes ondes radiophoniques auprès de l’employé du magasin, qui reste coi. J’entends le client parler de tea bagging, de révolution. Je l’entends prononcer les mots de taxes et government avec dégoût. Et il se lance ensuite dans un réquisitoire contre l’idée d’un système de santé géré par l’État fédéral, un concept qu’Obama a demandé au Congrès américain de coucher sur le papier pour la rentrée.

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