Premier essaim

Installation
J’installe un essaim acheté début avril à l’intérieur d’une ruche.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Quand une colonie d’abeilles devient trop importante, ou lorsque la reine décide, pour une raison plus ou moins mystérieuse, qu’il est temps d’émigrer, un essaim se forme. La colonie se divise, et les abeilles restantes élèveront — en principe — une jeune reine, tandis que celle qui détient actuellement le titre s’envole avec un essaim en escorte.

Il y a trois semaines, j’avais raté un essaim qui s’était fait la malle de l’une de mes ruches installées chez Moore Family Winery, dans les Red Hills. Beau m’avait appelé pour me prévenir. Manque de pot, le temps que j’arrive, une heure et demie plus tard (j’étais à Hopland, dans le comté de Mendocino voisin, faisant la tournée des domaines avec des amis), l’essaim avait disparu. Parfois, ils se déplacent rapidement, d’un arbre à un poteau téléphonique, d’un banc à une voiture. D’autres fois, ils restent au même endroit pendant plusieurs jours.

La ruche n°4 d’où l’essaim s’était barré restait cependant incroyablement active. À tel point que j’y installai il y a deux semaines une hausse supplémentaire, la plupart des cadres de la hausse existante étant déjà presque remplis de miel et de nectar. J’espérais d’ailleurs en récolter quelques cadres pour en extraire encore un peu de miel.

Vendredi, il est un peu plus de 14 heures lorsque je me pointe au domaine. J’ai récupéré quelques bouteilles de vin chez Six Sigma Ranch, où j’ai donné à Christian un chèque pour le quart de bœuf élevé en pâturage que je lui ai commandé. À 6 dollars la livre, et vu que la bête pèse plus de 1200 livres au lieu des mille prévues, je fais une plutôt bonne affaire. Nous ne garderons pas les 100 et quelques livres pour nous tous seuls, et nous en revendrons sûrement à des amis.

Ensuite, j’ai obliqué vers les montagnes pour Boggs Mountain, qui près du sommet de l’une des montagnes a un champ de tir complètement informel et improvisé par les pompiers qui gèrent la forêt. Je préfère y aller en semaine — l’avantage du chômeur/indépendant — car j’y suis souvent seul.

Essaim
L’essaim sur une branche de manzanita.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Après une bonne heure de pan-pan, je redescends de la forêt et j’emprunte une autre petite route qui m’emmène vers le domaine de Moore. Je veux jeter un œil sur les deux ruches, notamment la violette, la numéro 4. Surprise à l’arrivée : elle semble relativement peu active. Je soulève le toit pour m’assurer qu’elle est toujours habitée : plusieurs abeilles sont bien là, dans la deuxième hausse, occupées. OK.

Je vais ensuite voir la boîte que j’ai laissée il y a trois semaines, lorsque je suis venu dans l’espoir de capturer l’essaim en question. La boîte, avec quelques cadres à l’intérieur, est restée sur place au cas où un autre essaim déciderait de sortir et de l’adopter. Mais que dalle : pas de locataires.

Je continue ma promenade en haut du vignoble, comme à chaque visite. Parfois je fais des rencontres intéressantes. L’automne dernier, un renard a trotté à seulement deux mètres de ma pomme alors que j’abreuvais une ruche de sirop de sucre pour les aider à passer l’hiver. Les chevreuils sont courants aussi. Et là, à seulement trois mètres de la boîte que j’ai posée il y a trois semaines, je trouve un essaim de la taille d’un ballon de basketball, agglutiné autour d’une branche de manzanita. Je suis prêt à parier que c’est l’endroit exact où Beau a repéré l’essaim précédent il y a trois semaines. Ils se posent souvent au même endroit que leurs précédesseurs — certains pensent qu’ils sont attirés par les phéromones de la reine précédente.

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Napa Crash

Il est environ 22h15 mercredi soir. Je reviens d’un cours de marketing vinicole que je suis ce semestre à Napa Valley College. Comme à chaque fois, je prends pour rentrer la Silverado Trail au lieu de la route 29, qui est plus encombrée, ponctuée de feux et patrouillée à mort par la CHP. La route scénique de l’est de la vallée, plus sinueuse, est cependant plus agréable, même de nuit. Je la connais par cœur, et je sais même derrière quels bosquets les flics du comté se planquent parfois pour guetter les chauffards.

Je viens seulement de dépasser Meadowood lorsque je dois freiner précipitamment. La route est devant moi bloquée par des cartons et des éclats de verre. Je vire sur le bas-côté pour dépasser les dégâts prudemment. Je continue au ralenti, puis j’hésite. Dois-je m’arrêter pour déblayer ? Bah oui. Il fait nuit et c’est un obstacle dangereux. Les usagers de la route à cette heure sont des habitués qui n’hésitent pas à avaler les virages à 70 miles à l’heure, maintenant que les touristes sont rentrés chez eux ou finissant une bouteille de chardonnay vieilli dans des fûts français dans une auberge chic de St. Helena.

Je sors de la voiture et j’assesse les dégâts. Une demi-douzaine de cartons a dû se casser la gueule d’un camion, remplis de bouteilles pas encore étiquetées. Ça sent la vinasse et les bouts de verre craquent sous mes semelles. Je ramasse les cartons que je balance dans le talus, et je donne des coups de pieds dans les bouteilles brisées pour les envoyer dans le bas-côté. Une bouteille est miraculeusement intacte. Je la ramasse et je la mets à l’abri. Je ne me serais pas arrêté pour rien.

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Feu de tout bois

Fleurs
Le printemps se magne. Photo : Arnaud H.

Le chômage n’est pas mon truc. Passées deux semaines de glandouille à regarder la saison et demie de Lost que j’avais ratée, entre deux CV envoyés et un peu de bidouille en C, il faut bien s’occuper. En passant, si vous êtes développeur iPhone — même si vous commencez seulement sur iPhone ou avec l’Objective C — je suis intéressé, surtout si vous habitez San Francisco ou le nord de la Baie. J’ai un projet pour vous qui se révélera lucratif. Donc contactez-moi.

Pour m’occuper en attendant, heureusement, nous habitons à la campagne. Et dans une vieille ferme de pépiniériste, ce qui veut dire qu’il y a de quoi s’occuper. L’entretien de la propriété, en théorie, revient en général au propriétaire, le locataire étant tenu de faire le minimum. Dans notre cas cependant, le propriétaire ne nous fait payer qu’un loyer modeste, mais c’est à nous d’entretenir les lieux, mais il n’est pas très exigeant. Je ne vais donc pas m’en plaindre. Au contraire.

C’est la fin de l’hiver et ça signifie qu’il faut tailler arbustes, rosiers, et débroussailler autour de la maison pour réduire le danger d’incendie de forêt, une menace bien réelle dans notre coin — la maison est en haut d’une colline dont un versant est très boisé et où la végétation a repris le dessus au cours des dernières années. Je me suis donc donné comme objectif d’éclaircir la pente sur un rayon de vingt mètres autour de la maison, un travail difficile à cause de la raideur de la pente que la brouissaille a colonisée.

En mai dernier, lorsque nous avons trouvé cette maison, la région subissait une vague de froid sans précédent. Nous avons donc négocié avec le propriétaire l’installation d’un réservoir de propane pour le chauffage. Le système fait l’affaire, mais revient cher s’il reste en marche toute la journée. Après le choc de la première facture, nous avons donc arrêté de chauffer la maison la nuit et au milieu de la journée. Ces temps-ci, nous ne chauffions plus qu’au matin et au soir. Depuis hier, cependant, j’ai décidé de n’utiliser le propane qu’au lever, le temps de chauffer la maison à 68 degrés Fahrenheit (20 degrés). Après ça, plus de chauffage pendant la journée, même si la température tombe parfois à 55 degrés (10,5°C). On mettra une petite laine ou deux, et le soir, nous utiliserons le foyer à bois dans le living room. J’ai calculé qu’il me faudra consacrer environ une demi-heure chaque matin pour rassembler suffisamment de bois de chauffage pour chaque soirée. Il y a de quoi faire, surtout en cette saison où il faut élaguer et scier des branches mortes. Je n’ai pas de tronçonneuse, mais entre la hache et une égoïne, je m’en sors. Et ça compense pour le fait que je ne fréquente plus le gym, économies obligent.

Parce que l’air de rien, le bois de chauffage n’est pas donné. Les prix ont flambé au cours des dernières années, atteignant entre 200 et 300 dollars US la corde (soit 128 pieds cubiques, soit 3,62 stères, ou autant de mètres cubes, bande de citadins). J’ai donc amassé des branches et des bûches de bouleau, noyer, pin rouge, figuier, chêne américain, glycine, et même de vignes. Se chauffer au zinfandel en buvant du merlot, il n’y a rien de tel pour rester au chaud.

Aventures apicoles

C’est ma deuxième année en tant qu’apiculteur amateur. L’année dernière se solda mal. Mes deux essaims disparurent. L’un commença à diminuer dès le début de l’automne, et les abeilles disparurent mystérieusement, sans laisser de traces, laissant même derrière elles une réserve de miel. Les conditions de leur disparition furent semblables à celles décrites par d’autres apiculteurs, et désormais désignées comme le Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (Colony collapse disorder, en anglais).

L’autre essaim semblait suivre la même voie, sans trace de maladie ni d’infestation. J’avais beau le nourrir régulièrement de sirop de sucre, les abeilles n’y touchaient qu’à peine, et la population s’amenuisait à vue d’œil. Et un jour de novembre, la neige eut raison des insectes restants. Le coup de froid arriva subitement, alors même que je me préparai à envelopper la ruche pour la protéger contre le froid, et aménager une entrée en hauteur. J’arrivai trop tard.

Cages
Prise de livraison des essaims à Santa Rosa.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Cette année, je m’y prendrai différemment. J’ai installé au début du mois quatre essaims de deux kilos avec leur reine. Toujours dans la région de Red Hills, dans mon comté de Lake. Les ruches sont au même endroit, à une altitude d’environ 900 mètres, orientées vers le sud, face à un vignoble cultivé biologiquement, à seulement cent mètres d’une mare. Les nuits y sont fraiches, l’une des raisons pour laquelle les Red Hills sont de plus en plus réputées pour leurs grappes, qui sont très appréciées des grandes maisons de Napa.

Après avoir pris livraison des essaims à Santa Rosa (les quelques individus ayant réussi à s’échapper des cages dans la voiture restèrent de toutes façons à l’arrière et ne me dérangèrent pas pendant mon trajet d’une heure et demie), et leur installation dans les ruches, il ne fallu que quelques jours, comme prévu, pour trois des colonies à libérer leur reine de sa cage en grignotant la guimauve que j’avais insérée en guise de sceau. La ruche n°3, pourtant, mit près d’une semaine, et eut besoin de moi. Ces connes d’ouvrières, sans doute des trotskistes m’en-foutistes sursyndiquées, avaient fait preuve d’une spectaculaire incompétence en bloquant l’entrée à la cage de la reine par de la cire, ce qui ne les avait pas empêché de boire en deux jours tout le sirop que je leur avais fourni, alors qu’il en restait un peu dans les autres colonies (ce qui est peu surprenant, car il existe une corrélation entre la production de cire et la consommation de sirop de sucre). J’ai dû donc décoller la cage de la reine pour la repositionner sur un endroit moins envahi par la cire, et permettre à la reine de pouvoir être libérée.

Abeilles
Un essaim fraichement installé.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

J’approvisionne chaque ruche en sirop de sucre tous les deux à trois jours. C’est le printemps, mais les essaims sont jeunes, les nuits encore fraiches (sans parler d’une tempête de grêle il y a deux jours), la floraison débute seulement dans cette région, et je veux encourager la production de larves le plus tôt possible. Deux des ruches ont un nourrisseur de deux gallons (prenant la place de deux cadres), et les deux autres (notamment la ruche n°3) sont des nourrisseurs-cadres traditionnels, contenant environ un gallon chaque. Chaque jeune essaim consomme environ un litre et demi de sirop de sucre (à l’heure actuelle, parts égales de sucre et d’eau) chaque jour. Pas de sirop de maïs au glucose à haute teneur en fructose, pourtant utilisé par de nombreux producteurs de miel industriels ou chinois, ou par les professionnels de la pollinisation, bon marché et facile à se procurer, et dont les effets, actuellement étudiés par le ministère américain de l’Agriculture, sont encore mal déterminés mais semblent plutôt négatifs.

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Dimanche 11/9 : notes politiques en vrac

Landslide
Le 4 novembre au soir, pour arroser le president-elect Obama, nous avons descendu une excellente bouteille de Billecart-Salmon brut réserve, une bonne dose de coquito préparée par un ami porto-ricain, et, parmi d’autres, cette bouteille de Landslide de Simi, au nom approprié.

Selon les derniers décomptes et estimation, le taux de participation à la présidentielle n’a pas été le raz-de-marée prévu. Certes, 63% reste très honorable. Mais c’est en dessous du record de 1960. Selon les analystes, les voix jeunes et afro-américaines, qui ont largement compté dans la victoire démocrate, n’ont fait que compenser la désaffection de beaucoup de conservateurs et de chrétiens évangélistes, que McCain n’a pas réussi à séduire malgré sa co-listière.

La communauté LGBT californienne se mobilise. Des manifestations ont eu lieu ces derniers jours devant des églises mormones à travers la Californie, puisque une grande partie du financement de la campagne pour la Proposition 8 est venue de disciples des Latter Day Saints. De nombreux militants et personnalités opposées à l’interdiction du mariage gay ont déjà appelé à un boycott de l’Utah. Le festival Sundance pourrait être boudé par une partie de l’élite hollywoodienne et des cinéphiles qui d’ordinaire ne manquent pas l’événement.

Le Governator va se faire des ennemis. Bien déterminé à combler le déficit budgétaire de la Californie, Arnold a annoncé son intention de faire des coupes supplémentaires parmi différents secteurs clé, mais aussi d’augmenter certaines taxes. En 2005, en bon fiscal conservative, il avait déclaré que l’état avait suffisamment de revenus, mais dépensait trop. Mais il semble qu’après examen, Sacramento manque aussi de revenus. Du coup, Schwarzenegger a donc soulevé la colère de la gauche cette semaine avec l’annonce de coupes budgétaires, notamment dans le secteur scolaire, et à droite, les éditorialistes conservateurs sont furieux de le voir suggérer une augmentation de la taxe sur la vente (la TVA californienne), même temporaire.

Chill

Meg Whitman, ancienne CEO de eBay et co-présidente de la campagne de John McCain, songe sérieusement à devenir gouverneure de Californie. Il doit s’agir de son plan B puisqu’elle n’aura donc pas pu obtenir le poste de Secrétaire au Trésor que le sénateur de l’Arizona lui avait promis en cas de victoire. Les avocats de Whitman sont ces jours-ci occupés à tenter de récupérer les noms de domaines (entre autres, whitmanforgovernor.com) qu’un cybersquatteur refuse de leur revendre.

Vins : tournée des domaines du comté de Lake


Les grappes ne sont pas encore prêtes pour les vendanges, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas déguster les millésimes précédents en attendant. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Une ou deux fois par an, chaque région viticole a son événement touristique, où même certains domaines normalement fermés au public ouvrent leurs portes. Pour le prix d’un forfait, autochtones et touristes font la tournée des caves, verre en main, pour goûter aux crus locaux et discuter avec les viticulteurs.

Ce weekend, c’était le tour des domaines du comté de Lake, où je me suis installé il y a un an. Situé au nord de Napa, derrière le mont Saint-Helena, la région reste inconnue du grand public, y compris de bien des Bay Areans, même si le plus gros des grappes qui y sont cultivées sont utilisées dans l’élaboration de vins qui seront vendus sous le label Napa Valley. C’est là qu’est né le géant Kendall-Jackson, avant de s’installer dans le comté de Sonoma. Il y possède toujours une exploitation et de nombreux vignobles, ainsi que Beringer, Snows Lake et d’autres grands noms associés à des régions plus réputées.

D’une demi-douzaine de domaines il y a seulement une décennie, le comté en compte désormais quatre fois plus. Maintenant que nous connaissons bien le coin et ses crus, il y a des adresses que nous ne ratons jamais, et d’autres que nous savons éviter (celles-là ne sont pas mentionnées ici).

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Going native


California Flora Nursery, à Fulton, près de Santa Rosa, se spécialise dans les plantes natives à l’État.

La maison que nous louons n’a qu’un modeste bout de jardin, mais je suis bien décidé à en tirer le maximum. Le minuscule potager est désormais protégé des chevreuils. J’ai encore un travail d’extermination à finir avec des mauvaises herbes, notamment des saloperies comme la goosegrass et la green kyllinga que j’arrache presque quotidiennement.

Mais j’ai encore quelques coins à aménager, ou qui ont besoin d’un peu d’attention. Et tant qu’à faire, j’ai décidé de donner priorité aux plantes de la flore endémique californienne. De passage dans les environs de Santa Rosa, je fais donc étape chez un pépiniériste qui se spécialise dans les espèces natives de l’État, California Flora Nursery. Les plantes régionales y sont identifiées par une astérisque devant leur nom sur le panneau ornant chaque parcelle, qui mentionne aussi quelques attributs utiles, notamment leur résistance aux chevreuils, ou si elles attirent oiseaux-mouches ou papillons. Pour un jardinier débutant comme ma pomme qui n’a qu’une connaissance approximative des plantes de la région, c’est une mine d’informations.


De gauche à droite, en haut : toyon, lilas californien, arbre à café californien. En bas : western columbine, red buckwheat, sauge Winnifred et sauge grise.

Je sais déjà que je veux un pied ou deux de Vitis californica, une vigne locale dont j’ai trouvé des plants sauvages lors d’une balade dans les bois de Cobb Mountain. L’horticulteur en entretient plusieurs cultivars, et celui qui est disponible actuellement est un hybride entre la Vitis californica et la Vitis vinifera européenne, Roger’s Red, baptisé d’après Roger Raiche, un biologiste de UC Davis. Ce cépage donne des petites grappes comestibles et les feuilles tournent au rouge vif à l’automne.

Dans mon chariot, j’empile également deux plants d’un lilas californien, le Ceanothus ‘Blue Jeans’. La plante aime le soleil, n’exige que peu d’eau et les chevreuils ne l’apprécient que moyennement, ce qui en fait une bonne candidate pour border l’allée côté ouest, qui n’est pas gardée par un arroseur à détection de mouvement. Elle sera rejointe, un peu plus bas, par deux toyons (un genre qui appartient aux rosacés), plus exactement la variété Davis Gold de l’Heteromeles arbutifolia, qui donne des baies jaunes à l’automne. Et, enfin, un plant de sauge native de la Californie, la Salvia clevelandii ‘Winnifred Gilman’, qui elle aussi n’attire guère les cervidés.

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Vins de Hopland : ritals, rosés et colombard

Après un cours de danse à Santa Rosa (nous perfectionnons nos talents de valseurs), nous avons samedi après-midi rejoint des connaissances à Hopland pour l’édition 2008 du Passport, l’événement viticole de la région où les domaines du coin versent à gogo leurs différents crus. Cette fois-ci, nous n’avons pas comme l’année dernière visité tous les producteurs — d’une part par manque de temps, et surtout parce certains n’en valent pas vraiment la peine.

Colombard
Le colombard est le deuxième cépage le plus planté en Californie derrière le chardonnay. La plupart est utilisé pour des vins de table, mais quelques viticulteurs en font des bouteilles très respectables, comme McNab Ridge.

Je me suis surtout concentré sur les rosés, goûtant quand même ici et là quelques blancs et rouges éveillant ma curiosité. Chez Brutocao, le rosé de sangiovese est sympathique (et pas cher, puisqu’on peut s’en procurer une caisse pour 60 dollars), mais c’est un rouge qui valait le détour : le Quadriga est un assemblage de cépages italiens — sangiovese, primitivo (l’ancêtre probable du zinfandel), dolcetto et barbera. Belle charpente, le genre de bouteille à ouvrir avec un plat à la bolognaise, et dont je vais mettre un exemplaire au frais dans la cave. Le 2005 est le best-seller de la série italienne du domaine, et le 2006, goûté en fût, semble prometteur, mais je ne déguste que très rarement des vins non encore embouteillés, donc ne me demandez pas de vous donner une opinion d’expert, je ne sais pas vraiment de quoi je parle.

Pour le reste, le rosé de grenache de McDowell ne vaut pas franchement son prix. De l’autre côté de l’US 101, Graziano, qui produit sous quatre marques différents styles de vin, propose notamment un rosé de zinfandel. Il n’est pas le seul : à quelques miles de là, Nelson Family, dont j’apprécie particulièrement le riesling et le rouge maison, produit également un vin de la même couleur à partir du même cépage, mais attention : il ne s’agit pas de white zinfandels, mais de rosés secs de saignée. Là encore cependant, c’est un peu cher par rapport à un costières-de-nîmes à 6 euros.

La surprise est venue de McNab Ridge, que j’avais l’année dernière snobé. Le viticulteur-propriétaire est Rich Parducci, le petit-fils de John, qui fonda Parducci Wine Cellars à Ukiah, revendu il y a quelques années. Comme son grand-père, Rich aime à dire qu’il produit du vin facile à boire, ce qui n’est pas nécessairement un gage de qualité. McNab Ridge est aussi, curieusement, le premier domaine de Mendocino à avoir cultivé le pinotage, ce cépage hybride sud-africain, un croisement entre pinot noir et cinsault. Le résultat est un vin sombre, trop tannique et râpeux à mon goût. Le pinotage californien nécessite peut-être un goût acquis pour être apprécié. Ou peut-être s’agit-il d’un vin tout simplement, comment dire, ah oui : dégueulasse. Le domaine utilise aussi ce pinotage dans son Coro Mendocino, mais le résultat me semble plutôt médiocre, surtout pour une bouteille vendue 35 dollars.

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Wine Guy

C’est mardi après-midi et je me trimballe avec mon panier de plastique dans l’allée vins et spiritueux de Bruno’s, le supermarché local du comté. J’ai déjà récupéré quelques citrons (que ces cons entourent chacun d’un ruban autocollant indiquant la nature biologique du produit, annulant ainsi sa valeur écologique) au rayon frais — les courses hebdomadaires chez Trader Joe’s c’est bien utile, mais on ne peut pas toujours compter sur la chaîne pour un approvisionnement régulier côté fruits et légumes, car la sélection y tient généralement de la loterie.

J’ai posé mon panier où j’ai déjà logé trois bouteilles de pinard local. Un chardonnay de Shannon Ridge et un nebbiolo rosato de Rosa d’Oro pour les déjeuners de weekend dans le jardin, ainsi qu’une bouteille de tempranillo de Six Sigma qui à elle seule vaut plus du double que les deux autres vins réunis, mais j’en ai entendu dire beaucoup de bien, j’aime beaucoup le rosé et le rouge de la propriété, je n’ai bu que très peu de vins américains réalisés avec ce cépage, et je ne vois pas pourquoi j’aurais à me justifier, enfin quoi, merde.

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