Conseil important

Tweeté par Mathieu Thouvenin, qui a seulement 26 ans a acquis une expérience impressionnante à San Francisco, et qui sévit désormais chez Seesmic, pas moins : ce témoignage d’un jeune Français qui est venu aux États-Unis réaliser son rêve de devenir pilote de ligne.

Mathieu et lui ont en commun la vision et le culot qui sont nécessaires pour l’aventure américaine. Ils ne se sont pas laissés décourager par les cyniques trop courants dans l’Hexagone, taxant de rêveurs ceux qui décident de prendre un gros risque. Même ma pomme est parfois coupable de tempérer les ardeurs des petits jeunes qui me demandent conseil, alors que je ne suis absolument pas qualifié dans ce domaine : je ne me considère pas vraiment comme un entrepreneur, j’ai été licencié deux fois depuis mon arrivée aux États-Unis, et mes rentrées financières ces temps-ci sont imprévisibles d’un mois à l’autre. Je peux tout juste donner une vision réaliste (parfois nécessaire pour expliquer l’aspect pratique de la vie quotidienne ici), à ne pas méprendre pour du pessimisme.

Si vous êtes un jeune Français voulant partir à l’aventure aux États-Unis, n’hésitez pas. Ça ne veut pas dire qu’il faut faire vos valises immédiatement et débarquer sans plan clair. Partez d’abord en reconnaissance — Phil Jeudy organise par exemple régulièrement des « geektrips », escortant des Français curieux de s’expatrier ou faire affaire en Californie. Il s’est bâti un carnet d’adresses remarquable pour fournir des pistes et des tuyaux à ceux qui veulent tenter l’aventure en Silicon Valley, et offre des services de conseil aux entreprises françaises voulant s’établir de ce côté du Pacifique.

Je vais donc citer ce jeune pilote : « Mon conseil le plus important, je dirais, c’est de ne pas suivre le conseil des autres ».

Sauf celui-là. Vous pouvez continuer à me contacter, et lorsque je ne saurai pas répondre à vos question, je continuerai à transmettre aux spécialistes franchouillards du coin comme Mathieu, Phil, et j’en passe.

Montparnasse-Pondichéry

Pondichéry
La France, vue de Pondichéry, c’est loin.
Photo : cs jmz. Licence Creative Commons.

Après les médias, la blogosphère française semble s’enflammer depuis quelques jours avec l’affaire de ce jeune designer Web qui s’est vu proposer par l’ANPE un poste à Pondichéry, en Inde, payé 20 000 roupies par mois, soit, au cours d’aujourd’hui, 488 dollars US, ou 314 euros.

Certes, certains applaudissent le fait que l’agence des chômeurs français (appelons un chat un chat) publie, en vertu de la loi en vigueur, les offres d’emploi des entreprises françaises délocalisant leurs opérations, ou relaye celles envoyées par des employeurs potentiels à l’étranger.

Mais ça n’est pas du goût de tout le monde. Les qualificatifs de « scandaleux », d’« indécent » ou d’« inadmissible » apparaissent parmi les commentaires des articles relatant l’affaire. Les raisons derrière cette indignation sont multiples.

D’abord, le salaire. Les 10 000 à 20 000 roupies mensuelles proposées paraissent dérisoires. Mais contrairement à certaines affirmations, il se trouve que 20 000 roupies par an de l’annonce en question correspondent à peu près au salaire d’un informaticien indien ayant un an d’expérience — pas mal donc pour un bac+2.

Certains soulignent l’augmentation du coût de la vie dans les métropoles indiennes. Il est vrai que le prix des loyers dans les mégapoles du sous-continent a certes grimpé au cours des dernières années, en même temps qu’une nouvelle classe socio-professionnelle de jeunes cols blancs a explosé. Il faut désormais chercher un peu pour trouver un deux-pièces à moins de 100 euros par mois à Bangalore. Voilà une situation qui n’est finalement pas très différente de celle que rencontrent les classes moyennes à Paris, Londres, New York ou San Francisco, où les loyers ne cessent d’augmenter, et où de nombreux jeunes (et moins jeunes) adultes voient souvent près de la moitié de leur salaire engloutie par leur hébergement. Mais contrairement à ces villes occidentales, où le pouvoir d’achat en a pris un coup, la rémunération des professionals en Inde continue d’augmenter avec la demande.

Un autre sujet de colère est pour d’autres le fait qu’à ce tarif, un simple billet d’avion de retour coûterait au jeune diplômé en question une bonne partie de son salaire annuel. Une visite à la famille pendant les vacances de Noël coûterait plusieurs mois de salaire. C’est vrai. Et alors ?

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Bouquin : French San Francisco

French San Francisco
French San Francisco, par Claudine Chalmers.
Arcadia Publishing. 127 pages.
ISBN 978-0738555843.
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La prochaine fois que vous pénétrez à l’intérieur du magasin Neimann-Marcus de Union Square, levez les yeux. Au centre de la verrière ancienne que vous n’avez peut-être jamais remarquée, vous remarquerez un navire stylisé, avec la devise familière : Fluctuat nec mergitur. Si vous avez jamais visité cette place de San Francisco avant 1981 (je sais, certains d’entre vous n’étaient même pas nés), vous avez pu voir s’y dresser un immeuble dans le style beaux-arts. C’était le City of Paris, un grand magasin fondé à la fin du XIXe siècle par les frères Verdier, des immigrés français. On l’aperçoit notamment dans le film The Conversation (Conversation secrète) de Francis Ford Coppola, tourné en 1973. Il fut peu après honteusement démoli par Neimann-Marcus, dont l’architecte préserva néanmoins la verrière.

City of Paris store
Le grand magasin City of Paris, reconstruit après le tremblement de terre de 1906.

Ce vestige du City of Paris est l’une des traces de l’importance de la communauté française de San Francisco il y a déjà plus d’un siècle. Aujourd’hui subsiste encore à San Francisco un quartier français minimal, parfois appelé Little France, consistant essentiellement du consulat général, de l’église Notre-Dame-des-Victoires voisine, et des quelques restaurants de Bush Street et Belden Place. Essentiellement commercial, ce quartier héberge cependant peu d’émigrés franchouillards, la plupart d’entre eux se concentrant sur Russian Hill et Polk Street (l’Alliance française se situe désormais dans le Gulch, sur Bush), et le lycée français La Pérouse est dans le Sunset.

French Bank
La French Bank, au 108-110 Sutter (près de Montgomery), au début du XXe siècle.

Il n’en a pas toujours été ainsi. Les premiers francophones arrivèrent dans la Baie dès la fin du XVIIe siècle, et plusieurs d’entre eux s’y installèrent dès les années 1840. L’un des premiers fut Jean-Jacques Vioget, un vétéran de Waterloo à qui on doit parmi les premiers dessins de Yerba Buena (le village qui deviendrait par la suite San Francisco) et le tracé de ce qui devint plus tard le centre-ville. Il y construisit la première taverne de Californie, et mourut seulement quelques jours avant le retour prévu de sa famille pour la France.

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Un visa fissa

J’ai un petit problème. Le visa dans mon passeport a expiré il y a un moment. Je ne suis pas devenu clandestin pour autant : mon employeur a procédé à des demandes successives (et acceptées) d’extension. Je suis légal jusqu’en 2011. Le hic, c’est que je n’ai pas de visa dans mon passeport pour le prouver à l’officier des services d’immigration qui vous accueille chaleureusement à chacune de vos entrées sur le territoire. Et comme j’ai un voyage vers Paris prévu à la fin février, je dois résoudre ça.

Curieusement, en effet, l’USCIS ne se satisfait pas de mon passeport et de mon formulaire I-797 tout frais, issu de ses propres services, pour me laisser rentrer sur le territoire : il me faut obtenir un nouvel autocollant de visa avec ma pomme dessus pour mon passeport, histoire de pouvoir rentrer dans le pays après un voyage à l’étranger.

Fissa

J’ai donc pris rendez-vous pour le 4 février au consulat général des États-Unis de Calgary. En 2004, j’étais allé à Toronto, dont le consulat est réputé pour sa rapidité. J’avais obtenu l’autocollant du visa en seulement deux jours. Entretemps, j’avais visité la ville, assisté au défilé du Thanksgiving canadien, rencontré Jimmy Fallon et les frères Farrelly par hasard dans un pub, et glandouillé dans la chambre moelleuse d’un hôtel branché où le personnel semblait constitué exclusivement de mannequins habillées de noir bien moulant aux entournures.

Cette fois-ci, impossible d’obtenir un rendez-vous dans la capitale de l’Ontario suffisamment à temps, donc j’ai eu le choix entre Halifax et Calgary. J’ai choisi la destination la plus proche, et ma foi, ce sera peut-être l’occasion de sortir ma snowboard pour la première fois de la saison. La capitale de l’Alberta est une ancienne ville olympique d’hiver. Même si à l’heure actuelle la neige y semble moins abondante que dans la Sierra, d’ici trois semaines, ça sera peut-être plus poudreux.

J’aurais pu prendre soin de ça au consulat de Paris lors de mon voyage, me direz-vous. Le problème, c’est que c’est Paris. Beaucoup de monde. Et puis c’est la France, quoi. Les temps d’attente sont imprévisibles. Je pourrais me retrouver coincé là-bas pendant des semaines. Un compatriote s’est ainsi retrouvé en rade pendant deux mois dans l’Hexagone il y a quelques années, contraint de bosser depuis les bureaux glauques de la filiale française de son employeur, dans une zone industrielle des Ulis.

Cela dit, ce ne sont pas des vacances. Je vais devoir bosser à plein temps, comme tout jour normal, à l’exception du lundi où j’ai rendez-vous pour déposer ma paperasse. Passeport actuel, anciens passeports (j’en ai déjà 3 autres), CV, lettre de mon employeur, formulaires DS-156 et DS-157, bordereau I-94, le dernier I-797, reçu de Scotiabank certifiant mon dépôt de 131 dollars US à l’ordre du Trésor, photos et bien sûr ma personne sont attendus afin de traiter ma demande.

Heureusement, le vol ne m’a coûté que 43 dollars. Plus exactement, 43,67 dollars et 25 000 miles United. J’en avais quelque 63 000 sur mon compte Mileage Plus, donc c’est une bonne affaire. C’est l’hôtel qui va revenir cher, sans doute environ 150 dollars par nuit, car je n’ai pas envie de me parquer du côté de l’aéroport pendant une semaine. Je veux être à proximité du consulat et d’une branche locale de Scotiabank (j’ai déjà repéré tout ça, merci Yahoo! Maps qui pour le Canada est bien supérieur à Google Maps), et pas trop loin du centre culturel de la ville. Je me demande quelles sont les spécialités culinaires locales. Si vous avez des bonnes adresses calgariennes à partager, je suis preneur.

Vidéo : analyse du vote du premier tour à San Francisco

Tout d’abord, à savoir : le consulat de San Francisco a amélioré son dispositif pour le second tour, puisqu’à San Francisco il y aura samedi 5 mai trois urnes, et deux à Sunnyvale. Plus d’excuses donc pour ne pas venir voter sous prétexte que la queue est trop longue. Et si le temps menace, apportez un parapluie et un iPod pour écouter votre musique et vos podcasts préférés.

Participation à San Francisco

Le consulat a publié en début de semaine les résultats du dépouillement dans la circonscription. Pour commencer, une correction : il semble qu’une erreur ait été faite, et qu’il n’y ait pas 17 000 inscrits sur la liste électorale du consulat, mais seulement 12 000. Ca reste toutefois une augmentation significative en deux ans par rapport aux 8 648 lors du référedum de 2005.

Télécharger la vidéo :
MPEG-4 H.264, compatible iPod et Apple TV (37,7 Mo, avec commentaire audio)
DivX & MP3 pour ceux qui n’ont ni Quicktime ni iTunes (49 Mo).
PDF (2,8 Mo, Acrobat Reader nécessaire)

Première observation : le taux de participation dans la circonscription consulaire a été de presque 31%. C’est peu par rapport à la moyenne nationale de plus de 83% et c’est moins que les 40% de l’ensemble des Français de l’étranger, mais ça reste un record pour le consulat.

Il semble qu’à San Francisco, certains Français, arrivés seulement dans l’après-midi, aient été découragés par la longueur de l’attente — plus de deux heures pour certains — et par la pluie qui a commencé à tomber en début d’après-midi. Ils ne sont pourtant censés voter pour leur président qu’une fois tous les cinq ans, mais apparemment c’était trop demander. Il est aussi possible que quelques distraits aient oublié que le jour du vote était pour eux le samedi et non le dimanche.

Les Français de Silicon Valley ont fait un peu mieux en terme de participation, puisque près de 40% des inscrits se sont déplacés pour voter samedi.

1er tour 2007

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Circonscription de San Francisco : résultats du premier tour

Élection à San Francisco
La queue devant le consulat de San Francisco, le 21 avril 2007 : certains électeurs ont dû patienter plus de deux heures pour voter. Photo : Arnaud H.

2066 Français ont hier voté au bureau de vote de San Francisco selon le consulat. La queue le long de Bush Street (et se prolongeant sur Stockton) était longue. Près de deux heures d’attente pour certains, mais le bureau de vote était ouvert jusqu’à 20 heures. Ceux arrivés après une heure de l’après-midi ont dû endurer la pluie, mais les parents accompagnés de jeunes enfants avaient la priorité.

Nicolas Sarkozy y a reçu 39,08% des voix, suivi de Ségolène Royal avec 30,73%. François Bayrou est le troisième homme avec 21,75%. Jean-Marie Le Pen n’a recueilli que 43 voix, soit 2,09%. Dominique Voynet a fait un score de 3,40% avec 70 votes. Frédéric Nihous et Gérard Schhivardi n’ont eux reçu aucun bulletin à leur nom. L’abstentionisme, même si il y était en recul par rapport aux suffrages précédents, a tout de même été de plus de 72%, certains électeurs ayant été apparemment découragés par l’attente et la pluie.

À Sunnyvale, près de San José, la queue était longue là-bas aussi, mais le bureau de vote du sud de la Baie a enregistré le meilleur taux de participation, avoisinant les 40%. 1036 votants s’y sont déplacés sur 2636 inscrits. On a voté un peu plus à droite en Silicon Valley, puisque Sarkozy y a fait 42,83%, Bayrou 24,9% et Sélogène Royal seulement 25%.

Le bureau de vote d’Honolulu a vu 65 votants sur 390 inscrits, celui de Portland 149 sur 547, et à Seattle 444 électeurs ont mis leur enveloppe dans l’urne, sur 1232 inscrits.

Une courte vidéo commentée d’une analyse sera publiée d’ici peu.

Les résultats à San Francisco sur le site de Julien.
Le billet de Tomate farcie sur l’événement électoral à San Francisco.

Les Français de Silicon Valley se font rapporter

On en parlait en décembre dernier, le service culturel du Consulat de France cherchait à en savoir plus sur les Français de la région de San Francisco. Trois rapports résultant de ce sondage viennent d’être publiés et sont téléchargeables gratuitement : « Présence française dans le domaine du High Tech dans la région de San Francisco », « Regards français sur la Silicon Valley » et « Le Capital Risque dans la Silicon Valley ».
Fabrice Verdier et Christophe Lerouge, les auteurs, résument ainsi la population française de Silicon Valley : « elle est trentenaire et installée depuis plusieurs années dans la Silicon Valley avec un horizon de retour en France de plus de 5 ans. Les Français les moins intégrés dans la Silicon Valley ont quitté la zone au début des années 2000 suite à l’éclatement de la bulle Internet. A contrario, les plus intégrés sont restés. »
Plus de détails sur ces très intéressants rapports lorsque j’aurai eu le temps de les digérer…