RIP, Steve

La nouvelle n’était qu’une demi-surprise. Le co-fondateur et patron d’Apple nous a donc quitté hier pour rejoindre le nuage. Ce matin, TV5 Monde m’a appelé pour un bref entretien sur mes pensées en tant qu’ex-employé d’Apple. Je n’ai rien pondu de très transcendant, car ma foi tout a été déjà dit, donc je vous épargne le compte-rendu. J’avais pris soin de mettre l’iMac vintage qui trône sur le comptoir de la cuisine en arrière-plan pour l’appel via Skype.

Ce que je retiens de celui qu’on appelait tous « Steve » — sachant immédiatement de quel Steve il s’agissait : son incroyable attention au détail (certaines décisions sur le choix de la couleur du fond d’une page web étaient parfois imposées par SJ lui-même), un charisme indéniable que SNL ira jusqu’à parodier à plusieurs reprises (peu de CEOs peuvent se vanter d’avoir été leur cible ne serait-ce qu’une seule fois), une discrétion qui parfois contrastait avec son apparition au milieu de la cafétéria d’Apple pour commander un burrito végétalien, un culot indéniable, et l’incarnation quasi-parfaite de la success story à l’américaine : ascension, traversée du désert, et retour éclatant.

La dernière question de l’entretien porta sur le futur d’Apple. Et là, je ne me fais pas de souci. D’abord parce qu’au cours de mes cinq années chez Apple, j’ai rencontré des dizaines d’individus d’un calibre intellectuel remarquable, ayant tous un point commun : un regard souvent peu conventionnel, voire rebelle, mais encadré d’un pragmatisme et d’une patience remarquables. Des pirates civilisés et business-savvy.

Ensuite, parce qu’il ne fait aucun doute dans mon esprit que Uncle Steve a préparé il y a déjà un bon moment sa succession, dont la nomination de Tim Cook au poste de CEO n’est qu’un exemple. Je suis persuadé que Jobs a légué une vision détaillée des produits et services futurs à ses héritiers chez Apple, sans parler du futur siège, un OVNI qui sans aucun doute portera sa marque.